L’Internationale des nationalistes

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La nouvelle Internationale est… nationaliste! Certes, les termes sont contradictoires. Pourtant, l’actualité le démontre chaque jour: des pouvoirs populistes s’appuient et leurs représentants n’hésitent pas à attaquer des pays dirigés par des adversaires politiques voire à y mener des opérations de déstabilisation.

Récemment, le nouveau président brésilien, Jair Bolsonaro, et le vice-président italien du Conseil des ministres, Matteo Salvini, se congratulaient après l’arrestation de Cesare Battisti. Car rien n’aurait été possible sans cette proximité idéologique. L’ex-membre d’un groupe armé d’extrême gauche des années de plomb en Italie, condamné à la perpétuité et en cavale, avait en effet été protégé par Lula, l’ex-président de gauche au Brésil.

En Europe, au mépris de la réserve habituelle des responsables politiques sur la politique intérieure d’un pays tiers, le leader italien a ouvertement soutenu le mouvement social des «gilets jaunes» en France. La société de cybersécurité New Knowledge, citée par le «Times», révelait même que sur les réseaux sociaux, des centaines de faux profils encourageant la révolte des ronds-points avait pour origine la Russie. Tandis que la chaîne Russia Today, liée au Kremlin, est apparue comme un des rares médias toléré par les manifestants. Or, une échéance importante se profile pour les partis nationalistes: l’élection européenne du mois de mai. Dans cette perspective, Steve Bannon, l’idéologue de l’alt-right (droite alternative) américaine et du trumpisme, a effectué en fin d’année 2018 un tour d’Europe. Il a rencontré des hommes au pouvoir, à commencer par l’Italien Matteo Salvini, le Hongrois Viktor Orban, le Tchèque Milos Zeman, ainsi que des chefs de partis dont ceux du Rassemblement national en France, de l’AfD en Allemagne, du Vlaams Belang flamand ou du Parti populaire belge, entre autres.

Pour les aider à mener campagne aux Européennes, il a déjà dépensé un million de dollars en études et sondages. Et se déclare prêt à remettre 15 millions sur la table. Il a même créé son «Internationale» à Bruxelles. «The movement», c’est son nom, aide et tente de fédérer les partis populistes européens. Bannon prévoit même d’ouvrir des bureaux à Rome, Varsovie ou Londres (il avait d’ailleurs appuyé la campagne de Nigel Farage et de l’UKIP en faveur du Brexit).

«L’échéance de mai est extrêmement importante, affirme Steve Bannon. Il s’agira de la première confrontation à l’échelle d’un continent entre le populisme et le «parti de Davos», déclarait-il en faisant référence au Forum économique mondial qui se tient en ce moment en Suisse.

Comme au temps de l’internationale communiste, le Komintern, une puissance (la Russie soviétique hier, l’Amérique de Trump ou la Russie de Poutine aujourd’hui) tente d’avoir de l’influence dans des pays tiers, par l’intermédiaire de gouvernements amis ou de partis proches idéologiquement.

Une difficulté demeure cependant. Les nationalistes n’aiment pas qu’un étranger se mêle de leurs affaires. Marine Le Pen et même Viktor Orban ont été réticents ou ont mis le holà. Au Parlement de Strasbourg, les partis nationalistes sont divisés et siègent dans quatre groupes. Jusque-là, ce «Komintern populiste» n’a guère séduit. Mais l’élection européenne, et la poussée de cette nouvelle droite, pourrait bien changer la donne.

Une difficulté demeure. Les nationalistes n’aiment pas qu’un étranger se mêle de leurs affaires.

Créé: 23.01.2019, 18h06

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.