Sous Hollande, l’apprentissage n’a pas réussi à décoller malgré les incantations

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La France a inventé le compagnonnage. Elle a même réussi à le faire inscrire au patrimoine immatériel de l’Unesco. Ce n’est que mérité si l’on songe au système exceptionnel de transmission des valeurs et des savoir-faire qui permet aux quelque 45 000 personnes qui appartiennent à ce cercle de se prévaloir d’une compétence et d’un réseau hors du commun.

Une noblesse des métiers à démocratiser? Et pourtant, l’apprentissage en France reste malmené et le quinquennat de Hollande n’a pas amélioré les choses.

Le président socialiste de la République en faisait une priorité. Lors de son entrée à l’Elysée en 2012, il avait fixé le cap du demi-million de jeunes dans les centres de formation des apprentis pour 2017. Avec à peine plus de 405 000 jeunes, et malgré une hausse des recrutements à la fin de 2016, c’est moins bien qu’à la fin de l’ère Sarkozy. Il y avait alors 438 000 apprentis dans l’Hexagone.

Ces mauvais chiffres, que le Ministère du travail a décidé de ne pas rendre publics, illustrent bien le malaise autour de l’apprentissage. D’une part, les incantations du président en faveur des métiers manuels restent largement inutiles quand son gouvernement supprime les incitations apprentis pour les entreprises, comme il l’a fait en 2013 et 2014. Il fallait certes économiser pour financer les 40 milliards d’allégements du coût du travail prévus dans le Pacte de responsabilité, mais ce n’était sans doute pas le meilleur poste à amincir.

Par ailleurs, au-delà des aides gouvernementales pour motiver les entreprises, c’est avant tout de reconnaissance dans la société en général dont a besoin cette filière. L’apprentissage est une voie d’excellence, ne cessent de répéter les élus de tous bords. Sans que personne n’y croie vraiment. En effet, il n’y a pas en France d’exemple de patron d’une grande entreprise issu de la filière de l’apprentissage.

Et encore moins de politiciens de premier plan qui ont exercé une activité de leurs mains. Le dernier «vrai» travailleur qui est entré dans un ministère doit s’appeler Pierre Bérégovoy. Il fut ministre de tous les gouvernements de François Mitterrand et conclut sa carrière, avant son tragique suicide en 1993, par le poste de premier ministre. Chaque portrait de lui était l’occasion de souligner qu’il n’était titulaire que d’un CAP de dessinateur industriel. C’était il y a un quart de siècle!

La dernière fois que les Français ont entendu les politiques parler apprentissage à une heure de grande écoute, c’était lors des primaires de la droite. Nathalie Kosciusko-Morizet a taclé Bruno le Maire: «Ce n’est pas vrai que tu aurais proposé à tes propres enfants de devenir mécanicien ou pâtissier.» Silence d’acquiescement. Remarquez, lors de la primaire de la gauche, le mot apprentissage n’a pas été prononcé. (TDG)

Créé: 18.01.2017, 23h09

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