Hollande pressé d'agir après la débâcle aux municipales

FranceLe remaniement du gouvernement français devrait intervenir rapidement, sans doute dès ce lundi, au lendemain de la lourde défaite des socialistes aux municipales.

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Après la lourde défaite des socialistes aux municipales, François Hollande est pressé de toute part – y compris par son camp – de changer son gouvernement mais aussi de politique.

«Déroute», «gifle», «punition», «coup de pied aux fesses», «dérouillée», «désaveu»... Les manchettes de la presse, lundi, traduisent l'ampleur de la catastrophe pour le chef de l'Etat, dont c'était le premier test électoral depuis son accession au pouvoir, en mai 2012.

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En perdant au moins 155 villes de plus de 9000 habitants – certaines à gauche depuis plus de cent ans – le camp socialiste permet à la droite d'effacer largement ses pertes du scrutin de 2008 (82 villes de plus de 10'000 habitants), abandonnant du même coup son statut de premier pouvoir local. Comme il y a une semaine pour le premier tour, l'abstention a été massive et s'établit, record historique, à 37,3%.

«Ce premier test pour François Hollande a été une véritable catastrophe, la victoire de 2008 a été complètement effacée», résume Frédéric Dabi de l'Ifop. Le président de l'UMP, Jean-François Copé, a triomphé toute la soirée de dimanche sur le thème de cette «vague bleue» que son camp n'espérait même pas, tandis que Marine Le Pen a salué «une nouvelle étape» dans l'histoire du Front national, qui gagne onze mairies.

Changement de premier ministre inéluctable

Evoqué depuis des semaines, le changement de premier ministre, réclamé durant toute la soirée à droite et mais aussi – parfois en creux – par une partie de la gauche, paraît plus que jamais inéluctable. «Le remaniement est incontournable, tandis que le chef de l'Etat doit trancher rapidement sur l'avenir de Jean-Marc Ayrault comme premier ministre», écrit Fabrice Rousselot dans Libération.

«La reconduction d'Ayrault, après cette gifle, ne pourrait apparaître que comme une surdité au message des électeurs», juge aussi Jean-Marcel Bouguereau dans la République des Pyrénées.

François Hollande tranchera-t-il dès lundi? Rien ne permet de l'affirmer même si son entourage a clairement laissé entendre, dimanche soir, que le président avait bien entendu le message: «C'est une défaite, on ne va pas barguigner»...

Manuel Valls, favori dans un sondage

Selon un sondage BVA pour Le Parisien/Aujourd'hui en France, près des trois-quarts (74%) des Français ne souhaitent pas que Jean-Marc Ayrault reste premier ministre. Parmi les favoris pour lui succéder, Manuel Valls arrive en tête (31%), loin devant Martine Aubry (17%) et Laurent Fabius (16%). Bertrand Delanoë (8%), Jean-Yves Le Drian (6%), Claude Bartolone (5%) et Michel Sapin (3%) ferment la marche.

Le ministre de l'Intérieur doit rencontrer le premier ministre à Matignon à 8h30 pour évoquer les conséquences de la défaite. Mais rien n'a filtré sur l'agenda de François Hollande, qui pourrait à tout moment choisir de s'exprimer.

Outre un profond remaniement gouvernemental, le chef de l'Etat est pressé par l'opposition comme par une partie de majorité de changer sa politique de fond en comble. Le président paie notamment très cher son échec à inverser, comme il l'avait promis, la courbe du chômage. Le nombre des demandeurs d'emplois a atteint en février le chiffre record de 3,34 millions.

«Après ce sinistre politique majeur, la confiance n'est pas automatique»

«Ce ne sont donc pas de simples jeux de chaises ministérielles qui restaureront une confiance s'étiolant depuis des lustres», estime Marc Dejean de Presse Océan.

A la gauche du PS, quatre courants du mouvement ont donné rendez-vous aux députés lundi à l'Assemblée nationale pour demander «une réorientation» de la politique menée et aborder la question de la confiance au prochain gouvernement. «Après ce sinistre politique majeur, la confiance n'est pas automatique», a prévenu Christian Paul, député PS, de la Nièvre.

Pourtant rien ne dit que le chef de l'Etat a l'intention de changer sur le fond. Après la défaite du premier tour – largement amplifiée dimanche – l'exécutif avait fait savoir qu'il n'entendait pas bouger d'un iota sur les deux réformes phares du quinquennat: le pacte de responsabilité, sur lequel François Hollande mise beaucoup pour stimuler l'emploi, et les 50 milliards d'économies qu'il entend réaliser d'ici 2017 dans les dépenses publiques.

(afp/ats/nxp)

Créé: 30.03.2014, 22h32

Une gifle pour la gauche

Selon des résultats encore provisoires, la droite arrive en tête avec 45,91% des voix, la gauche obtenant 40,57% et l'extrême droite 6,84%.

Ces scores masquent toutefois la forte progression de la droite. Le ministère de l'Intérieur a indiqué qu'au moins 155 villes de 9000 à 100'000 habitants ont basculé de gauche à droite, dont plusieurs bastions du Parti socialiste, qui conserve toutefois Paris. Anne Hidalgo devient ainsi la première femme à diriger la capitale française.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a fait état de «14 ou 15 communes de plus de 9000 habitants», conquises par l'extrême droite, en y englobant celles qui sont aux mains de maires qui ont rompu avec le FN.

La France bascule à droite

Des dizaines de villes françaises de plus de 30'000 habitants ont basculé de gauche à droite. Certaines sont particulièrement symboliques, comme Toulouse (sud-ouest), quatrième ville de France, ou Limoges, capitale de la région Limousin (centre) et détenue par les socialistes depuis 1912.

L'UMP a aussi éjecté les maires socialistes dans des grandes villes comme Quimper (ouest) ou Belfort (est). La gauche résiste à Lyon, Lille, Strasbourg, Nantes, Rennes, Metz, Brest, Lens, et conquiert Avignon, Douai et Lourdes.

D'autres villes importantes ont été ravies par l'UMP comme Saint-Etienne (centre) et Reims (nord-est).

En Bretagne (ouest), la défaite du socialiste Bernard Poignant a été jugée hautement symbolique dans la mesure où il est considéré comme un des principaux conseillers du président François Hollande.

Parmi les villes moyennes, Angoulême ou Périgueux ont également changé de camp. Longtemps ancrée à gauche, Pau (sud-ouest) a largement élu le centriste François Bayrou, trois fois candidat à l'élection présidentielle.

Les trois principales villes de France ne changent pas de couleur: Paris et Lyon restent fidèles aux socialistes et Marseille à la droite.

Les écologistes, qui comptent deux ministres (Logement et Développement), ont en partie bénéficié du désaveu infligé par les électeurs au principal parti au pouvoir. Ils ont notamment pris la ville de Grenoble (sud-est) à leur allié au gouvernement.

Le FN, «troisième force»

Après Hénin-Beaumont au premier tour, Béziers (Hérault), Fréjus, Cogolin et Le Luc (Var), Beaucaire (Gard), Le Pontet et Camaret-sur-Aigues (Vaucluse), Villers-Cotterêt (Aisne), Hayange (Moselle) Mantes-La-Ville (Yvelines) passent sous pavillon FN, soit 11 villes.

«Le FN réussit le meilleur score de toute son histoire à une élection locale», s'est réjoui le vice-président du FN, Florian Philippot. «Il faut désormais compter avec une troisième force politique dans notre pays», a dit la présidente de la formation Marine Le Pen. Elle demande à François Hollande d'«enterrer» le pacte de responsabilité, clé de voûte de sa politique de redressement.

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