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Görlitz échappe de peu à l’extrême droite allemande

En Saxe, avec un score de près de 45%, l’AfD n’a pas réussi à ravir, ce dimanche, sa première ville en Allemagne.

Sebastian Wittel, le candidat de l’AfD aux élections municipales à Görlitz, a remporté 45% des voix dimanche.
Sebastian Wittel, le candidat de l’AfD aux élections municipales à Görlitz, a remporté 45% des voix dimanche.
EPA

Cette ville frontalière de la Pologne n’a sans doute jamais été aussi resplendissante dans toute son histoire. Haut lieu touristique, décor de grands films américains (d’où le surnom de «Görliwood»), centre de la construction ferroviaire en Allemagne, Görlitz a été longtemps une de ces «villes modèles» de l’après-réunification.

Et pourtant Görlitz a échappé de peu, ce dimanche, à une prise de pouvoir de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne), qui y a remporté près de 45% des voix au deuxième tour des élections municipales. La ville de Görlitz, le symbole de la montée de l’extrême droite dans l’ex-RDA, est désormais considérée comme un «laboratoire» pour toutes ces régions de l’est de l’Allemagne qui se sentent abandonnées par Berlin. La fermeture des activités minières, l’immigration, l’absence d’infrastructures de transports dans les villes moyennes poussent une partie de l’électorat à protester contre les partis traditionnels.

Les élections de Görlitz étaient surtout un test, à quelques mois de trois élections régionales dans l’ancienne RDA. Nulle part ailleurs en Allemagne l’extrême droite n’a autant progressé ces dernières années. Les élections européennes du 26 mai ont permis de mesurer le poids de l’AfD, désormais la première force politique dans cette partie du pays.

Arrivée en tête du scrutin dans une grande partie des «nouveaux länder», l’AfD est en passe de ravir en septembre la Saxe, détenue par le parti conservateur (CDU) depuis 1990. Le ministre-président sortant, Michael Kretschmer (CDU), est sur la défensive depuis le début de la campagne. «Beaucoup de gens sous-estiment la radicalité de l’AfD», a-t-il prévenu alors qu’on lui reproche justement d’avoir lui-même toléré trop longtemps – ou ignoré – la violence d’extrême droite dans sa région, bastion du néonazisme en Allemagne.

Dans le Brandebourg, le ministre-président est membre du Parti social-démocrate (SPD) depuis la réunification. Le grand parti populaire de la gauche allemande pourrait céder en septembre sa place de première force politique à l’extrême droite dans cette région qui entoure la capitale.

En Thuringe, où les électeurs sont appelés aux urnes en octobre, l’AfD talonne les conservateurs de quelques points. Cette fédération régionale est la plus radicale d’Allemagne, avec à sa tête l’ancien professeur d’histoire Björn Höcke, figure de proue de l’aile identitaire et dont la rhétorique s’apparente à celle du national-socialisme.

L’effondrement annoncé des partis établis à l’Est aura des conséquences au fédéral. Si le SPD perdait le Brandebourg, une rupture de la «grande coalition» (Groko) à Berlin serait de plus en plus probable. Après la démission de la présidente du SPD, Andrea Nahles, la base militante serait en mesure d’exiger la fin de l’alliance avec les conservateurs. La fin de la Groko signifierait alors un départ anticipé d’Angela Merkel, qui voulait mener son mandat jusqu’en 2021, et une période d’instabilité politique en Allemagne.

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