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Giuseppe Conte pour guider la Péninsule dans l’inconnu

Le président Mattarella a finalement donné, mercredi, son feu vert au candidat du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue.

Le président de la République, Sergio Mattarella (à g.), et le prochain chef du gouvernement, le juriste Giuseppe Conte, mercredi, lors de leur rencontre au palais du Quirinal.
Le président de la République, Sergio Mattarella (à g.), et le prochain chef du gouvernement, le juriste Giuseppe Conte, mercredi, lors de leur rencontre au palais du Quirinal.
Keystone

Giuseppe Conte a reçu mercredi du président de la République, Sergio Mattarella, le mandat de former le gouvernement italien. Selon la formule consacrée, le professeur de droit a accepté «avec réserve». Le «président du Conseil mandaté» aura quelques jours pour rédiger la liste des ministres qu’il présentera au président Mattarella en révoquant alors sa réserve. Le discours de politique générale devant les Chambres qui donnera à l’Exécutif le plein exercice de ses fonctions est prévu la semaine prochaine, mardi ou mercredi. L’audience au palais du Quirinal, où Giuseppe Conte est arrivé et reparti en taxi, avait été convoquée après la fermeture de la Bourse de Milan…

Épilogue incertain

Un épilogue qui est resté incertain toute la journée. Mardi, la candidature de Giuseppe Conte avait été sérieusement ébranlée par les révélations sur les incongruités, pour utiliser un euphémisme, de son curriculum vitae. Le président Mattarella avait imposé un jour de pause de réflexion au cours duquel il a sondé la Ligue et le Mouvement 5 étoiles (M5S) sur la possibilité de porter leur choix sur un candidat politiquement plus fort que l’illustre inconnu Giuseppe Conte.

Mais les vainqueurs des élections du 4 mars ont défendu leur candidat sans ménager le chef de l’État. «Je me rends compte que nommer un gouvernement qui rétablit la primauté de la politique sur la finance puisse faire peur mais cela ne devrait pas effrayer celui qui a l’honneur de représenter l’unité nationale», a déclaré Alessandro Battista, numéro deux du M5S.

Négocier avec Bruxelles

Dans sa brève allocution, Giuseppe Conte a confirmé la «position internationale de l’Italie dans l’Europe» – une concession au président de la République – mais il annoncé son intention de négocier avec Bruxelles «dans l’intérêt de notre pays en construisant des alliances opportunes». Quels intérêts et quelles alliances? Il ne l’a pas précisé.

Revendiquant d’avoir participé à l’écriture du programme de gouvernement, pour souligner la dimension politique et l’autonomie que l’opposition lui reproche de ne pas avoir, il s’est décrit comme «l’avocat du peuple italien». Une rhétorique populiste et souverainiste destinée à la base de la Ligue et du M5S.

Ministre clé

Toutefois, la véritable nature du gouvernement Ligue-M5S se jouera sur le nom du futur ministre de l’Économie. La Ligue et le M5S insistent sur le nom de Paolo Savona, 81 ans. Ancien ministre, ancien directeur de la Banque d’Italie, président de plusieurs grands groupes publics et privés, cet économiste de renom est devenu sur la fin de sa carrière le chef de file des eurosceptiques. Comparant l’Allemagne d’aujourd’hui à celle du régime nazi, accusant Berlin d’avoir «mis l’Italie en cage avec l’euro», Paolo Savona pense que Rome doit se préparer à abandonner la monnaie unique. Un «plan B» qui, s’il ne devait pas être mis en œuvre, permettrait de négocier en position de force.

Le président Mattarella ne pouvait pas ne pas nommer le président du Conseil proposé par les deux forces qui ont la majorité au parlement, mais il a un droit de veto sur les ministres.

Le bras de fer ne fait que commencer.

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