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La France ordonne l’abattage de 800'000 canards

Le virus de la grippe aviaire sévit dans le sud-ouest de la France. Une campagne de mise à mort entend endiguer la pandémie.

L’élevage en plein air de palmipèdes fait partie d’une filière qui revendique 100 000 emplois générés en France.
L’élevage en plein air de palmipèdes fait partie d’une filière qui revendique 100 000 emplois générés en France.
Reuters

Quelque 800 000 canards seront éliminés dans le sud-ouest de la France. La campagne d’abattage a commencé ce jeudi et se poursuivra jusqu’au 20 janvier. Le but? Eradiquer la grippe aviaire. En effet, le tristement célèbre virus H5N8 s’est déclaré dans un foyer infectieux qui persiste dans quatre départements: le Gers, les Landes, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques. Pour parer à toute éventualité, le Ministère de l’agriculture a décidé de jouer la prudence dans cette région d’élevage en plein air des palmipèdes qui alimentent, entre autres, la filière du foie gras.

Ces mesures préventives sont néanmoins diversement appréciées. Les éleveurs, dont les canards sont en bonne santé et qui ont respecté les mesures de confinement préventives, s’indignent de la décision. Et ils s’inquiètent aussi des conséquences financières. Les compensations de l’Etat s’avèrent parfois insuffisantes, sans compter que les paiements se font parfois attendre, témoignent plusieurs éleveurs dans les colonnes de Sud-Ouest.

Cédric Despagnet, à Villeneuve-de-Marsan, qui va devoir «faire passer» 2000 canards, en a pleuré avec sa mère. «Entre 30 et 33 euros la pièce, c’est 60 000 euros de perte annoncée. C’est le gros de notre activité, l’élevage et le gavage traditionnels de canards. On est très mal», témoigne ce patron d’une exploitation moyenne dans cette région.

L’Etat financera ainsi le repeuplement, le nettoyage et la désinfection des zones d’élevage en plein air. Les indemnisations, qui se font selon des conditions définies seulement lorsque l’infection est stabilisée et anéantie, peuvent en effet prendre un certain temps. Les indemnisations des mesures prises au printemps 2016 n’ont pas encore été totalement versées. D’où des crispations et des craintes documentées de la part de nombreux éleveurs. Car, dans ce contexte, les fédérations de paysans craignent la disparition des petites exploitations pas en mesure de surseoir à un manque à gagner immédiat.

Le son de cloche est différent à l’Interprofession des palmipèdes à foie gras. Pour sa directrice Marie-Pierre Pé, cet abattage préventif est un mal nécessaire. «Il fallait éteindre le feu et protéger la zone des Landes, car cet élevage y est très important. Mais, pour l’avenir, il faut réfléchir aux mesures à adopter, parce qu’on ne peut pas vivre cela tous les ans», explique-t-elle au grand quotidien régional.

Pour le Comité de l’interprofession des palmipèdes à foie gras, la faîtière de la filière qui revendique 100 000 emplois générés en France et un chiffre d’affaires d’environ 2 milliards d’euros, cette production doit se montrer intransigeante. «La clé, c’est le professionnalisme des mesures de biosécurité. On doit accepter de vivre avec ce risque régulier. Les migrations passent deux fois par année dans nos régions. C’est un point nouveau», explique, à FranceInfo, Marie-Pierre Pé.

En effet, la souche virale dont il est question lors de l’actuel épisode touche avant tout la faune sauvage, et tout particulièrement les oiseaux migrateurs. C’est pourquoi ce sont les élevages en plein air qui sont les plus exposés.

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