Flot de critiques contre les gestionnaires de la tour

Incendie à LondresL'ex-président de l'association des résidents de la tour en flammes à Londres s'en prend violemment aux autorités et aux responsables de l'immeuble.

L'expert en incendie, Steven Mckenzie, exprime des inquiétudes au sujet de la sécurité incendie du HLM de 24 étages qui a brûlé.

L'expert en incendie, Steven Mckenzie, exprime des inquiétudes au sujet de la sécurité incendie du HLM de 24 étages qui a brûlé.

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«Je suis sous le choc, mortifié, mais pas surpris»: David Collins, ancien président de l'association des résidents de la tour de logements sociaux ravagée par un incendie à Londres, met en cause la gestion de l'immeuble et les autorités locales.

«On avait l'habitude de dire qu'il faudrait un drame pour que les gens finissent par ouvrir les yeux et que les gestionnaires de l'immeuble finissent pas devoir rendre des comptes», déclare, écoeuré, M. Collins, dans un entretien à l'AFP TV.

Pourtant, assure celui qui était jusqu'en octobre dernier responsable de l'association des résidents, de nombreux problèmes avaient été signalés dans la tour Grenfell. Ce bâtiment de 120 appartements sur 24 étages datant de 1974, situé dans l'ouest de Londres, a été ravagé par un violent incendie qui a fait au moins 12 morts et 78 blessés dans la nuit de mardi à mercredi.

«Il y avait beaucoup de motifs d'inquiétude», assure David Collins. «Cela portait sur l'emplacement des unités de chauffage, sur les accès et la façon dont vous pouviez entrer et sortir. Il y avait aussi des questions sur les éclairages et j'ai entendu que certaines alarmes incendie n'ont pas fonctionné, ce qui ne m'étonne pas». «Je suis sous le choc, mortifié, mais pas surpris», lâche-t-il, en expliquant que les habitants avaient tenté de s'organiser, y compris en sollicitant la municipalité du quartier de Kensington et Chelsea.

«90% des résidents ont signé une pétition fin 2015 se plaignant de la mauvaise gestion de l'entreprise responsable de la maintenance de l'immeuble. (...) J'ai été personnellement menacé par leur manager après avoir tenté de parler des problèmes», a-t-il affirmé.

«Meurtre de masse» en gestation

«Nous avons fait part de nos inquiétudes et demandé une enquête indépendante lors d'une réunion avec (les autorités locales) du Borough de Kensington et Chelsea mais on ne nous a pas écoutés», dénonce-t-il.

Pour David Collins, le sort de ces logements sociaux, de leurs résidents aux revenus souvent modestes, n'intéressait finalement personne.

«Si les mêmes problèmes avaient été signalés dans un coin riche de Kensington et de Chelsea (quartiers cossus de Londres, ndlr), on y aurait répondu. Mais ici, non. C'est une communauté multiethnique, multiculturelle et diverse qui n'a jamais été écoutée par les personnes qui la représentent».

Des documents en ligne datant d'un an environ montrent également que le collectif de résidents de l'immeuble s'était plaint à plusieurs reprises de l'état du bâtiment et des risques d'incendie potentiels.

«Tous nos avertissements sont tombés dans l'oreille d'un sourd alors qu'une catastrophe comme celle-ci était inévitable», a commenté mercredi ce collectif. Eddie Daffarn, un résident 55 ans, raconte lui sur un blog qu'une surcharge du réseau électrique avait déjà «failli nous brûler tous à mort» en 2013, évoquant «un meurtre de masse» en gestation.

Face aux attaques, le gestionnaire, l'organisme public KCTMO (Kensington & Chelsea Tennant Management Organisation), a reconnu «être au courant des préoccupations soulevées de longue date par des résidents». «Il est trop tôt pour spéculer sur les causes de l'incendie», a-t-il ajouté.

Quant à l'entreprise mandatée par la municipalité de quartier pour la rénovation, la société Rydon, elle a affirmé avoir réalisé des travaux de près de 10 millions d'euros qui ont «passé tous les contrôles obligatoires en matière de normes incendie». bur-eg/oaa/gdei nous brûler tous à mort» en 2013, évoquant «un meurtre de masse» en gestation. (afp/nxp)

Créé: 14.06.2017, 15h31

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