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Pour son ex-conseiller, François Hollande a abdiqué dès le premier mois

Le livre d’Aquilino Morelle décrit un président qui ne voulait pas exercer le pouvoir. Et aurait singé Arnaud Montebourg pour gagner. Analyse d'un quinquennat de renoncement.

Pour Aquilino Morelle, François Hollande voulait être président mais pas gouverner. «Il se ralliera à Emmanuel Macron, car ce dernier est son fils spirituel», affirme l'ex-conseiller politique à l'Elysée.
Pour Aquilino Morelle, François Hollande voulait être président mais pas gouverner. «Il se ralliera à Emmanuel Macron, car ce dernier est son fils spirituel», affirme l'ex-conseiller politique à l'Elysée.
Reuters

«Hollande ne voulait pas exercer le pouvoir, il voulait être président de la République.» Aquilino Morelle (54 ans) a attendu trois ans après s’être fait remercier de l’Elysée pour raconter et surtout mettre en exergue l’absence de volontarisme de François Hollande.

Avec «L’Abdication», il publie un livre à charge sur le quinquennat du président «anormal». Et cet ouvrage n’est pas un récit de plus contre François Hollande, mais un point de vue de l’intérieur des dysfonctionnements du pouvoir socialiste qui ont amené pour la première fois un président à renoncer à se représenter.

Aquilino Morelle? C’est le conseiller politique de François Hollande qui avait dû démissionner en avril 2014 après que Mediapart l’a accusé de prise illégale de participation dans une firme pharmaceutique. L’affaire a été classée sans suite.

L'homme au cœur de la machine Hollande

C’est aussi lui qui se faisait cirer les chaussures au Palais, une «faute» qu’il reconnaît. L’ancienne plume de Lionel Jospin avant d’être celle de François Hollande a été au cœur du dispositif Hollande durant la campagne victorieuse et les deux premières années à l’Elysée.

«Mon ennemi, c’est la finance», c’est signé de lui. Mais le candidat François Hollande y croyait-il? Au Parisien, Aquilino Morelle répond: «Les thèmes du Bourget – la lutte contre la finance devenue folle, le rééquilibrage des relations franco-allemandes, la relance de l’Europe pour plus de croissance et d’emplois, le patriotisme économique, le renouveau industriel – c’étaient surtout ceux de la campagne de Montebourg, pas les siens. Il ne s’y est rallié que pour gagner l’élection.»

Résigné à l’austérité

Le livre d’Aquilino Morelle ne cherche pas les petites phrases. Il ne s’attarde pas sur l’affaire Trierweiler par exemple. Aussi l’ex-conseiller politique dit ne pas avoir voulu «vider son sac», mais tenter de disséquer cet affaiblissement jamais vu d’un président auprès de l’opinion publique, et plus encore auprès de son propre camp. «Hollande a fait perdre son âme à la gauche», écrit-il.

Sur le plan humain, Aquilino Morelle dépeint un François Hollande froid, calculateur et sans sentiment au moment d’écarter des gens. Mais incapable de prendre des décisions. «Etrange président que cet homme plein de charme et dénué de toute autorité», glisse-t-il.

Mais surtout pour tous ceux qui s’intéressent à comprendre comment François Hollande en est arrivé là, «L’Abdication» propose des pistes intéressantes. D’autant que le pouvoir de nuisance du livre est désormais nul depuis le renoncement de François Hollande. Selon Aquilino Morelle, l’abdication du président date de son premier mois à l’Elysée.

Premier G20 fatal

En mai 2012, lors du premier G20, alors qu’il vient d’être élu, François Hollande est soutenu par Obama, les dirigeants italien et espagnol souhaitent qu’il prenne la tête d’une Europe de la croissance. «Mais il se résigne à l’austérité et accepté sans véritable renégociation le pacte budgétaire européen imposé par Merkel et signé par Sarkozy. Ce renoncement inaugural précède et détermine tous les autres.» En quelque sorte, selon l’auteur, François Hollande trahit l’esprit du discours du Bourget à peine un mois après avoir reçu l’onction du suffrage universel.

Aquilino Morelle qui a également côtoyé Emmanuel Macron à l’Elysée, prédit d’ailleurs que François Hollande finira par soutenir l’ex-ministre de l’économie. «Emmanuel est son fils spirituel», pense-t-il mettant en évidence leur ADN libérale commune.

A lire: Aquilino Morelle, L’Abdication, Grasset, 426 pages. Dès le 11 janvier.

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