L’Espagne et l’ancienne base d’«Alinghi» attendent l’«Aquarius»

EspagnePour éviter un drame humanitaire, le nouveau chef du gouvernement ouvre le port de Valence.

Des migrants lors de leur transfert de l’«Aquarius» vers deux navires des gardes-côtes italiens venus à la rescousse.

Des migrants lors de leur transfert de l’«Aquarius» vers deux navires des gardes-côtes italiens venus à la rescousse. Image: Keystone

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Cap sur Valence. Après des jours d’errance et d’incertitude, l’ Aquarius, affrété par l’organisation SOS Méditerranée pour venir en aide aux migrants à la dérive au large de la Libye, se dirige enfin vers la côte espagnole. Ses 629 passagers (en partie transférés sur deux navires italiens) qui se sont vus rejetés par Malte et par l’Italie, seront donc débarqués ce samedi à Valence, où un important dispositif se met en place pour les accueillir dans l’enceinte du port construit pour les voiliers de l’America’s cup en 2007.

C’est l’ancienne base d’Alinghi, le concurrent suisse lors de la compétition, qui servira de point de réception pour les arrivants à leur descente du bateau, avant de les diriger vers leurs points d’hébergement.

L’annonce de l’arrivée des migrants de l’Aquarius, parmi lesquels 123 enfants et 7 femmes enceintes, a pris par surprise le port espagnol, éloigné des routes habituelles de l’immigration. La solidarité s’organise parmi les habitants de Valence pour prêter main forte aux volontaires des ONG, mais les arrivants ne devraient faire que passer, avant d’être répartis entre les principales grandes villes du pays qui se sont déjà portées candidates à leur accueil.

«Il est de notre devoir d’aider à éviter une catastrophe humanitaire», affirme le nouveau chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, qui vient de prendre des voisins européens par surprise, avec cette opération Aquarius qui marque son irruption impromptue sur la scène de l’UE, dix jours à peine après son entrée en fonction. Le coup d’éclat est inattendu de la part de la diplomatie espagnole, peu habituée à donner de la voix et à prendre des décisions non concertées avec Bruxelles.

Au sein de l’opposition, on s’inquiète d’un geste perçu comme «dangereux» par le Parti populaire, préoccupé par la création d’un effet d’appel qui pourrait rediriger les routes de l’immigration vers la péninsule Ibérique. Le mouvement est en revanche salué par les associations d’aides aux migrants. «Il n’y a pas si longtemps que cela, c’est nous, les Espagnols qui devions quitter notre pays, rappelle Anabel Montes, cheffe de mission de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms. Le plus étonnant n’est pas le geste humanitaire de l’Espagne mais le rejet de l’Italie.»

Pour le ministre des Affaires étrangères, Josep Borrell, «l’Aquarius est en train de provoquer un électrochoc politique. Il est de plus en plus évident que l’Union européenne ne peut pas laisser seuls les pays du Sud, hier la Grèce, aujourd’hui l’Italie, demain l’Espagne?»

Le geste symbolique de Pedro Sanchez est aussi un habile coup de communication personnelle. Il ne prétend pas résoudre la crise humanitaire en Méditerranée, mais affirmer sa volonté de participer au débat européen. Il avait déjà créé la surprise la semaine dernière en présentant son «gouvernement féministe», composé de deux tiers de ministres femmes. Le voilà qui se forge maintenant son image de dirigeant intrépide qui sait rester fidèle à ses principes alors que ses voisins freinent des quatre fers. Au passage, il vient de gagner force et légitimité internationale, même si on s’interroge toujours en Espagne sur sa marge de manœuvre, fragilisée par le jeu d’alliances hétéroclite qui l’a conduit au pouvoir.

(TDG)

Créé: 13.06.2018, 20h43

L’ambassade pointe du doigt le Hamas

Lundi matin, une délégation formée de quatre juifs de Suisse a rencontré à Berne l’ambassadeur israélien Jacob Keidar pour lui remettre la lettre qui a réuni 240 signatures. «L’entretien a duré une heure et demie dans un climat détendu et ouvert. Nous avons exprimé notre désaccord avec la politique menée par le gouvernement», raconte Massia Kaneman-Pougatch.
«Il s’est dit préoccupé, de son côté, par l’Iran, le Hezbollah et le Hamas, mais aussi par les critiques unilatérales dans les médias, estimant que la réalité est mal comprise et les faits déformés», poursuit la signataire de la lettre ouverte.
«La situation à Gaza est venue dans la discussion. Cette question ne figure pas dans la lettre signée par les 240 car nous voulions surtout un texte qui, à l’occasion du 70e anniversaire d’Israël, évoque une vision pour l’avenir. Cela dit, lundi à Berne, quand nous avons dit que le blocus de Gaza pousse les Palestiniens dans les bras du Hamas, l’ambassadeur a affirmé qu’au contraire, tôt ou tard ils verront que le Hamas est leur véritable ennemi.»
Contactée mercredi, l’ambassade d’Israël n’a pas fait de déclaration. A.A.

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