L’enquête contre Tariq Ramadan est relancée

FranceEn refusant de lever la mise en examen de l’islamologue, la Cour d’appel de Paris relance l’enquête à Genève.

Après neuf mois en détention préventive, Tariq Ramadan vit depuis novembre dernier sous contrôle judiciaire en France.

Après neuf mois en détention préventive, Tariq Ramadan vit depuis novembre dernier sous contrôle judiciaire en France. Image: Getty Images

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La Cour d’appel de Paris a refusé jeudi après-midi la demande de levée de mise en examen que l’islamologue suisse avait déposée dans les deux procédures pour viol qui sont intentées contre lui. À l’issue de l’audience, à laquelle Tariq Ramadan n’a pas assisté, l’avocat d’une des deux plaignantes, Me Eric Morain, a exprimé sa satisfaction: «C’est la première fois que les juges d’appel devaient se prononcer sur le fond du dossier pour apprécier les éléments à charge et à décharge concernant M. Tariq Ramadan. La Cour d’appel a rendu une décision essentielle en confirmant qu’il reste en examen», a-t-il déclaré.

Pour les parties civiles, c’est un soulagement. Si la mise en examen avait été levée, Tariq Ramadan serait devenu un simple témoin assisté. Formellement cela n’aurait pas signifié la fin de la procédure, les juges d’instruction auraient pu continuer leur enquête, mais la Cour d’appel aurait signalé qu’à ses yeux les éléments pour une inculpation étaient insuffisants. Me Morain en tire la conclusion que «face aux mensonges et aux dénégations de M. Tariq Ramadan, la parole des plaignantes a pesé plus lourd.»

La Cour d’appel a rendu une décision essentielle en confirmant qu’il reste en examen

Mis en examen pour deux viols depuis le 2 février 2018, l’intellectuel musulman avait longtemps nié tout rapport sexuel avec les plaignantes, avant de changer de version en octobre et de reconnaître des relations «librement consenties».

De son côté, l’avocat de Tariq Ramadan, Me Emmanuel Marsigny, parle également de mensonges, mais à l’encontre des plaignantes. Dans une réaction transmise à l’AFP, il juge que «la décision de la Cour d’appel, dont on ne connaît pas encore la motivation, n’efface pas les mensonges démontrés des parties civiles, puisque les investigations ont démontré que les relations qu’elles ont eues avec M. Ramadan étaient voulues et pleinement consenties».

Quoi qu’il en soit, la décision de la Cour d’appel renforce la position des juges d’instruction et elle pourrait permettre de relancer le volet genevois de l’affaire. Car en mai de l’année dernière, une troisième femme a déposé plainte pour viol dans un hôtel genevois en 2008. Après enquête policière, le procureur Adrian Holloway a décidé d’ouvrir une instruction en septembre, mais depuis la procédure n’a pas avancé. Pour entendre Tariq Ramadan, le procureur genevois était décidé à se déplacer en France à l’automne dernier, mais la libération de Tariq Ramadan de sa détention provisoire et son placement sous contrôle judiciaire, en novembre, ont compliqué les choses. Depuis, le dossier patine.

«Je m’interroge sur les raisons de ces temps morts, s’exaspère Me Romain Jordan, l’avocat de la plaignante. S’agit-il de problèmes de coordination entre l’autorité pénale française et genevoise?» À ses yeux, la décision de la Cour d’appel de Paris devrait permettre au procureur genevois de s’entendre rapidement avec les juges d’instruction français pour une audition de Tariq Ramadan en France. «J’attends de lui une réaction avant la fin du mois de mars, sinon on commencerait à friser le déni de justice.»

Créé: 14.03.2019, 21h47

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