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Emmanuel Macron peut enfin parler d’égal à égal avec Angela Merkel

Des économistes franco-allemands ont trouvé le compromis pour réformer la zone euro. Une avancée majeure pour l'économie de l'Union européenne

Le président français Emmanuel Macron reçoit la chancelière allemande Angela Merkel pour discuter du «futur de l'Europe et des priorités à venir»...
Le président français Emmanuel Macron reçoit la chancelière allemande Angela Merkel pour discuter du «futur de l'Europe et des priorités à venir»...
Reuters

Quatorze économistes français et allemands se sont penchés sur un casse-tête. Comment réconcilier la rigueur budgétaire allemande avec l’envie française d’avoir une plus grande flexibilité budgétaire? Au terme de six mois de travail, ils viennent de formuler un compromis très solide. Il constitue une base solide pour relancer le couple franco-allemand, divisé sur manière de réformer les règles du Traité de Maastricht. Le président français Emmanuel Macron a reçu vendredi à l'Elysée la chancelière allemande Angela Merkel pour discuter du «futur de l'Europe et des priorités à venir»...

«Les lignes rouges ont été franchies, d’un côté comme de l’autre», comme le résume l’économiste français Jean Pisani-Ferri et conseiller d’Emmanuel Macron. Ainsi, l’Allemagne obtiendrait la garantie que les déficits seront contenus. En échange, la France, elle, recevrait l’assurance que les États pourront déroger de manière plus souple à la rigueur budgétaire lorsque la conjoncture l’impose.

Ce projet tombe au bon moment. La chancelière allemande Angela Merkel était précisément reçue, vendredi, à l’Élysée. Les propositions des économistes permettent au président français Emmanuel Macron de discuter enfin d’égal à égal avec sa partenaire, qui affronte une opinion publique peu enthousiaste à l’idée de déroger à la discipline budgétaire. La France porte en effet bien seule le dossier européen depuis la vacance de pouvoir à Berlin.

Avec ce rapport de compromis, Emmanuel Macron détient probablement la clé conceptuelle qui lui permet d’être crédible dans un débat économique où l’influence française se noie avant même d’avoir franchi le Rhin. Et surtout, le retrait des Britanniques, qui s’opposaient jusqu’ici à toute réforme majeure de la zone euro non concertée avec les États de l’UE, facilite la tâche de la présidence française. Enfin, l’Europe est à nouveau en croissance et ses dettes sont sous contrôle. C’est le moment ou jamais pour des réformes.

Les mesures proposées:

Nouvelles règles budgétaires: La fameuse règle dite des 3%, soit le déficit autorisé dans la zone euro, est abandonnée. Ce seuil, fixé de manière arbitraire, serait remplacé par un mécanisme plus simple. Concrètement, les dépenses des États ne devront pas être supérieures à la croissance du Produit Intérieur brut (PIB). C’est un mécanisme comparable au frein à l’endettement que l’on connaît bien en Suisse. En cas de dépassement, la dette excédentaire n’obtiendrait plus une garantie d’actif sûr. En clair, l’État qui s’endette serait pénalisé sans que les autres membres de la zone euro en souffrent. La France obtient ainsi une plus grande flexibilité budgétaire mais en contrepartie, les bons élèves (L’Allemagne), n’en supporteraient pas les coûts.

Les dettes: Le pays qui s’endette à un rythme plus élevé que la croissance économique ne pourrait plus refiler le «bébé» à ses banques nationales car celles-ci ne bénéficieraient plus d’une garantie automatique; les banques et investisseurs qui achèteraient ces dettes d’État supporteraient sans filet le risque de défaillance, les incitant ainsi à une plus grande prudence.

La solidarité: Si le projet exclut la création d’obligations européennes (les «euro bonds» auxquelles s’oppose l’Allemagne), un pays en grande difficulté pourrait obtenir une aide temporaire d’un fonds permanent alimenté par des contributions nationales correspondant à 0,1% du PIB. Cette aide, temporaire, serait conditionnelle et tiendra compte du taux de chômage.

Banques :Afin d’éviter une nouvelle crise bancaire européenne, la zone euro obligerait les banques à diversifier leurs investissements dans les dettes des pays, histoire d’éviter la situation qu’ont connue les banques françaises, allemandes et italiennes surexposées aux dettes émises par un seul État.

Pour Jean-Pierre Danthine, ancien directeur général de la Banque nationale suisse, président de PSE-Ecole d’économie de Paris, ces propositions sont «très intéressantes. Elles constituent un compromis technique et politique entre l’approche allemande et française. Elles arrivent au bon moment. Restent à espérer que les dirigeants européens sauront en saisir l’opportunité».

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