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Le divan rouge de l’après Élysée…

François Hollande chez Michel Drucker. C’est le rendez-vous politique de la semaine. L’ex-président de la République normal reçu par l’animateur le plus émollient du PAF (paysage audiovisuel français), cela aurait de quoi effaroucher le plus grand nombre. Mais c’est bien le contraire qui va se produire. L’audience est projetée massive. L’attente, excitée. En effet, invité vedette du fameux canapé rouge de «Vivement dimanche» sur France 2, François Hollande devrait entre deux ou trois «blagounettes» donner quelques sérieux coups de canifs à son successeur, Emmanuel Macron.

Ne vous attendez pourtant pas à un choc de grands fauves. Mais bien davantage à une fielleuse veillée entre faux amis qui distillent petites confidences et perfidies sur un ton mielleux. La France n’aime pas les repentirs larmoyants mais bien les épanchements psychologisant et intimistes. Ce qui n’empêche pas une certaine sauvagerie. «Vincent, François, Paul… et les autres», de Claude Sautet, mixé à «Shining», voilà à quoi ressemble la politique française.

«Vincent, François, Paul… et les autres», mixé à «Shining», voilà à quoi ressemble la politique française»

Dès lors dimanche, au bout de l’ennui et de la déférence habituelle des questions de Michel Drucker, il y aura comme une invitation au «lâcher prise» qui permettra, à celui que Jean-Luc Mélenchon avait qualifié de «capitaine de pédalo», de balancer des messages pas du tout subliminaux. Ce sont même des missiles qui sont attendus.

D’abord, François Hollande veut reprendre les commandes du PS. Peut-être pas en être le président, mais il veut compter. La reconquête passe donc par l’emprise médiatique. Il faut avouer qu’il n’y a plus personne pour incarner le Parti socialiste, qui a connu lors de la dernière présidentielle une déroute sans précédent. Les deux finalistes de la primaire du PS, Benoît Hamon et Manuel Valls, se sont carrément subordonnés l’un à Jean-Luc Mélenchon et l’autre à Emmanuel Macron. En résumé, outre la vente du siège de Solférino et divers problèmes de trésorerie, c’est bien à un naufrage des idées auquel nous assistons.

Alors quoi de mieux que d’entrer dans le salon des Français avec l’ami de toujours Michel Drucker pour continuer à réévaluer le quinquennat passé? Devenir commentateur de sa propre action passée est une savoureuse spécialité française qui a connu avec Jacques Chirac, Valérie Giscard d’Estaing et surtout Nicolas Sarkozy de brillants sujets. Pas question donc ici de servir et disparaître. Puisqu’en France, les hommes politiques ne sont que rarement au service d’une idée mais bien davantage arrimés à la promotion de leur personne. Ce sempiternel besoin d’hommes providentiels, à qui il arrive parfois d’être mal compris ou méjugés.

N’est-ce pas le destin de Jacques Chirac, qualifié lui à l’époque de son règne de «super menteur» par la vox populi et de quasi délinquant par les journalistes, et qui a réussi ensuite à se hisser au rang de personnalité préférée des Français? En 2009, sur le divan de «Vivement dimanche», il avait réuni 5 millions de spectateurs devant le petit écran. Record à battre. Prenons les paris? François Hollande, le président le plus mal aimé lors de son mandat, va faire un carton.

La promesse de l’écouter parler de sa relation trahie, déçue, dépassée avec Emmanuel Macron est un puissant produit d’appel. Comme celui de son histoire d’amour avec Julie Gayet, qui a démarré nuitamment par ses escapades en scooter. Et le canapé en a vu d’autres… Car c’est chez Michel Drucker que Ségolène Royal avait officialisé en 2008 sa rupture avec ce même François Hollande.

«C’est très douloureux de découvrir que l’on est une femme trompée!» avait-elle glissé, espérant ainsi surmonter sa défaite lors de la présidentielle de 2007. Ainsi vont la vie et la politique dans la monarchie républicaine.

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