Les derniers carnets du patron des RG publiés

RévélationsL'hebdomadaire Marianne publie samedi les 4 carnets de notes de l'ex-grand patron des Renseignements généraux qui ont échappé à la justice française.

L'ancien patron des Renseignements généraux français, Yves Bertrand, a été les yeux et les oreilles de la République de 1992 à 2004.

L'ancien patron des Renseignements généraux français, Yves Bertrand, a été les yeux et les oreilles de la République de 1992 à 2004. Image: AFP

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Quatre carnets à spirale verts. Deux de 50 pages, deux autres de 90. Soit 280 pages couleur espoir au total, toutes annotées par la main de l'ancien patron des Renseignements généraux Yves Bertrand. Quand celui qui a été les yeux et les oreilles de la Ve République de 1992 à 2004 et qui est décédé d'une crise cardiaque à 69 ans le 3 juin dernier, a confié ses trésors écrits à un journaliste de l'hebdomadaire Marianne, ils sentaient le café à plein nez. C'est que ces précieuses notes -les rares qui n'aient été saisies par la justice dans le cadre des affaires Clearstream et Angolagate- dormaient discrètement dans sa cuisine.

Dedans, il y a d'ailleurs à boire et à manger: de simples rumeurs, des ragots, mais aussi des informations par la suite avérées. Car ces carnets, mêlant affaires politico-financières, terrorisme, étaient avant tout des aide-mémoire. «Le directeur consignait pour faire vérifier par ses services», explique Marianne. Ces informations gribouillées prenaient ensuite deux chemins à choix: elles devenaient des notes blanches destinées au gouvernement et avant tout au ministère de l'Intérieur, ou elles restaient sans suite, jalousement gardées pour lui «au cas où».

«Eva Joly veut faire sauter Chirac!»

Chaque carnet couvre, grosso modo, une année. Dans le premier, de 1997 à 1998, on peut notamment lire des notes énigmatiques: «DG: Tapie»; «Minute (journal d'extrême-droite d'alors, ndlr) reçoit à déjeuner l'ambassadeur d'Algérie à Paris» ou encore, alors que l'Hexagone est en plein scandale de l'affaire Elf, «La juge Eva Joly (qui a mis à jour un impressionnant réseau de corruption mettant en cause politiciens et hommes d'affaires, ndlr) veut faire sauter Chirac». Dans le dernier carnet, qui s'étend de 1999 à 2000, on retrouve l'affaire Elf où apparaît le nom de Dominique Strauss-Kahn, selon le quotidien Libération. Yves Bertrand y évoque aussi la vente d'armes dont le public entendra parler avec l'affaire Karachi, 15 ans plus tard.

Dès 1998, le patron de ce qui étaient alors les RG (le service des Renseignements généraux a fusionné avec la Direction de la Surveillance du Territoire, DST, sous Sarkozy, pour devenir en 2008 la DCRI, Direction centrale du Renseignement intérieur, ndlr) parle du «transfert du djihad en France» et des «Saoudiens qui investissent à Montpellier pour contrôler les mosquées»...

Créé: 14.06.2013, 12h35

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