Une crise énergétique frappe le Portugal

EuropeLa grève des chauffeurs de carburant a débuté lundi. Ce mouvement pourrait être source de beaucoup de perturbations en pleine saison touristique.

Cette station-service près de Lisbonne était déjà à cours de carburant lundi.

Cette station-service près de Lisbonne était déjà à cours de carburant lundi. Image: Rafael Marchante/Reuters

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L’été pourrait se terminer de manière chaotique pour les Portugais. Les quelque 800 chauffeurs routiers spécialisés dans le transport de produits dangereux ont amorcé lundi une grève générale illimitée. C’est la deuxième de l’année après celle du mois d’avril qui avait provoqué d’importantes pénuries de carburant dans le pays.

Le syndicat principal de la branche (SNMMP) demande une revalorisation conséquente des salaires des chauffeurs ainsi qu’une amélioration des conditions de travail. Il estime que le métier et ses dangers ne sont pas suffisamment reconnus et compensés. Malgré la nécessité d’obtenir une licence spécialisée renouvelable tous les cinq ans, la branche des matières dangereuses est souvent traitée comme le reste du secteur des transports.

Des stations-service à sec

Conséquence principale: le risque d’une pénurie de carburant. À la veille de la grève déjà, 15% des stations-service du pays étaient en rupture de stock totale ou partielle. En prévision, les habitants se sont précipités pour faire des réserves. Les ventes ont doublé durant le week-end.

Le gouvernement a déclaré une «situation de crise énergétique» jusqu’au 21 août. Ce statut lui permet, entre autres, de rationner le carburant vendu à la pompe. Les achats des particuliers sont limités à 25 litres par personne. Un dispositif de service minimum a également été décrété. Celui-ci oblige les transporteurs à fournir 50% du carburant commandé. Les services d’urgence devraient également être fournis intégralement, ainsi que les aéroports et la police.

Pourtant, ce service minimum est remis en question. Lundi matin, la gendarmerie a escorté un convoi de camions-citernes et forcé un barrage de grévistes dans la banlieue de Lisbonne. Les syndicats accusent les entreprises de transport de faire pression et de «soudoyer» les chauffeurs pour casser la grève. Suite à cet événement, Pedro Pardal Henriques, porte-parole du mouvement, a annoncé qu’ils allaient «cesser de respecter le service minimum».

Retour de vacances compliqué

En pleine saison touristique, le manque de carburant pourrait devenir très problématique. Durant la grève précédente, certains vols ont dû être annulés. Contrairement à l’aéroport international de Porto, qui est approvisionné par un oléoduc, ceux de Lisbonne et Faro sont dépendants du trafic routier. En avril, ils ont commencé à manquer de carburant environ 24 heures après le début de la grève. Si, aujourd’hui, le conflit persiste et se durcit, le secteur touristique portugais pourrait se retrouver paralysé.

Créé: 12.08.2019, 17h51

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