La coalition de gauche gagne en Islande

LégislativesL'alliance des partis de gauche islandais a remporté 32 sièges sur les 63 que compte le Parlement aux élections législatives.

Katrin Jakobsdottir, du Mouvement des Verts et de gauche, fait partie des vainqueurs du scrutin. Image: AFP

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Les Islandais ont sanctionné samedi aux élections législatives le gouvernement de centre-droit sortant, mis en cause dans des scandales. Ils ont élu un Parlement fragmenté où une coalition de gauche disposera de la plus courte majorité possible.

La coalition réunissant le Mouvement des Verts et de gauche de Katrin Jakobsdottir, les sociaux-démocrates, le Parti progressiste et le Parti pirate a remporté 32 sièges sur les 63 que compte l'Althing, le Parlement unicaméral islandais où siégeront désormais huit partis, selon les résultats définitifs. La participation s'est établie à 81%.

Le Parti de l'indépendance (centre droit) du Premier ministre sortant Bjarni Benediktsson demeure le premier parti du pays de 340'000 habitants avec 25% des voix. Mais il recule de quatre points par rapport au dernier scrutin législatif qui s'est tenu il y a un an et perd cinq sièges, avec 16 députés élus.

Son ex-partenaire de coalition, Avenir Radieux, perd les quatre sièges qu'il détenait. Le Mouvement des Verts et de gauche obtient 17% des voix et les sociaux-démocrates doublent quasiment leur score de 2016 avec 12% des voix.

«Les choses sont très compliquées»

Malgré la victoire de l'alliance de gauche, rien n'assure encore que le président Gudni Johannesson désignera Katrin Jakobsdottir, 41 ans, pour diriger le prochain gouvernement. Le chef de l'Etat confie normalement ce mandat au chef de file de la première formation représentée au Parlement.

«Je me félicite que nous soyons en tête, mais les choses sont très compliquées. Je suis optimiste quant à notre capacité à former un gouvernement», a d'ailleurs déclaré M. Benediktsson dans la nuit.

Katrin Jakobsdottir a pour sa part annoncé dimanche qu'elle n'excluait pas de faire alliance avec les centristes, crédités d'environ 11% des suffrages. Fondé en septembre, le parti du Centre, de tendance centre-droit, est dirigé par Sigmundur David Gunnlaugsson, ex-Premier ministre contraint à la démission l'année dernière pour sa mise en cause dans le scandale des Panama Papers. «Rien n'est exclu, mais notre premier choix est de travailler avec les partis de gauche», a dit Katrin Jakobsdottir à Reuters au téléphone.

Net recul du parti pirate

Le Parti de l'Indépendance, qui domine la vie politique islandaise depuis des décennies, prône une réduction de la dette nationale et une baisse des impôts. Le Mouvement des verts et de gauche veut au contraire réduire les inégalités et augmenter les dépenses publiques en matière de santé, d'éducation et d'infrastructures en relevant les impôts pour les plus riches et en instaurant une taxe sur la propriété.

Le Parti Pirate, devenu l'année dernière la troisième formation politique du pays sur fond de ressentiment à l'égard de la classe politique, voit son score reculer de cinq points, avec 9% des voix.

La formation d'une majorité de droite ou de gauche pourrait prendre des semaines, voire des mois. Après les législatives d'octobre 2016, les négociations pour former une coalition avaient duré trois mois. «Je m'inquiète que nous ayons à affronter des discussions longues et interminables avec les tentatives pour former un gouvernement», a déclaré Arnar Thor Jonsson, professeur de droit à l'Université de Reykjavik.

Indicateurs au vert

M. Benediktsson, cité dans les Panama Papers, est accusé dans des enquêtes de presse d'avoir vendu des actifs à la veille de la crise de 2008 dans des circonstances douteuses. Il a tout misé sur son bilan économique.

Et de fait, les indicateurs sont au vert en Islande: après 7,2% en 2016, le pays nordique affiche encore une croissance vigoureuse (3,4% au deuxième trimestre), un taux de chômage quasi résiduel, des investissements et des touristes qui déferlent.

M. Benediktsson est devenu Premier ministre en janvier 2017. Mais sa coalition était tombée au bout de neuf mois après le retrait d'un petit parti, le Premier ministre étant accusé d'avoir couvert son père dans un sordide imbroglio judiciaire. Il avait dans la foulée convoqué de nouvelles législatives. (ats/nxp)

Créé: 29.10.2017, 15h36

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