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Clips de campagne? Vu de Suisse, Fillon et Le Pen s'en tirent le mieux

La télévision française diffuse les clips des candidats. Qui s’en tire le mieux avec cet exercice d’un autre âge? Regards de Suisse et de pros.

«Clairement, François Fillon a une posture. Il se démarque. Tout comme Marine Le Pen, dont le texte est parfait!», analyse le publicitaire suisse Roland Savioz.
«Clairement, François Fillon a une posture. Il se démarque. Tout comme Marine Le Pen, dont le texte est parfait!», analyse le publicitaire suisse Roland Savioz.
AFP

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Retrouvez les vidéos des onze candidats!

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«Je n’ai vu que deux présidents parmi les clips de campagne. Clairement, François Fillon a une posture. Il se démarque. Tout comme Marine Le Pen, dont le texte est parfait!» Roland Savioz est publicitaire entre Genève et Sion. Comme lui, des millions de téléspectateurs français, et donc son lot de Suisses romands, ont vu les clips de campagne des onze candidats à la présidence française. Quels regards portent les professionnels de la communication sur cet exercice et à qui s’adressent ces bons clips à papa à l’heure des réseaux sociaux?

D’abord, l’exercice est imposé mais surtout très réglementé. Le nombre de clips est limité à 18 par candidat. Le tout pour une durée globale ne dépassant pas les 43 minutes. Soit 1 minute 30 pour la version courte diffusée sur France 2 après la grand-messe du 20 heures. Et 3 minutes 30 pour la version longue, visible plus tard dans la soirée sur France 3. Diffusés sur ces chaînes du service public français, ils répondent en effet à douze pages de règles très strictes, dont l’interdiction d’utiliser le drapeau tricolore.

Parmi les réussites des favoris, Roland Savioz souligne encore «la grandeur et la puissance qui émane de François Fillon dans la construction de son clip. Tandis que celui de Marine Le Pen la montre souvent entouré d’hommes. Il y a un côté dictateur dans cette manière d’occuper les grands espaces et inquiétante avec son slogan «Au nom du peuple», qui semble se référer au Pater noster. Et le sien, c’est Jean-Marie Le Pen.»

Marc Comina, communiquant indépendant à Lausanne et habitué aux campagnes politiques, met en avant les deux mêmes candidats. «Fillon est très à l’aise. La scène de Marine Le Pen dans son bureau lui confère un côté rassurant. Elle dit: je suis déjà dans le job!»

Mélenchon et Macron largués

Alors, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, décevants? «L’idée de Jean-Luc Mélenchon de se placer une année après, c’est très malin. Il montre la promesse et sa concrétisation. Mais le texte final est trop écrit: il nous plombe la sortie du clip! Emmanuel Macron, lui, on a l’impression que c’est une parodie du Quotidien de Barthès. C’est scolaire. A un moment, il parle de santé et du remboursement des lunettes! C’est extraordinaire jusqu’où peut aller se loger l’interventionnisme français alors qu’ils élisent leur président», s’étonne un Roland Savioz faussement ingénu.

Pour Marc Comina, il n’y a pas assez d’économie dans le discours d’Emmanuel Macron, alors que cela devrait être sa force, et Jean-Luc Mélenchon perd en impact à trop vouloir jouer collectif et à montrer avant tout des foules. Sa force, c’est tout de même lui.

Nos deux pros de la communication se rejoignent pour juger le clip du candidat socialiste Benoît Hamon raté, «hors jeu», trop esthétisant. Le clip a été réalisé par la cinéaste césarisée Valérie Donzelli. De toute évidence, la com politique répond à d’autres codes.

Rassurer l’électorat à papa

Et les clips des six petits candidats? Ils montrent surtout leur peu de moyens. On retient celui de Nicolas Poutou, qui s’autoparodie en invité d’On n’est pas couché de Laurent Ruquier et qui ne parvient pas à placer un mot. «Ce qui me frappe tout de même, c’est que le plus mauvais des candidats est tout de même meilleur que nos conseillers fédéraux. La constante de nos ministres est de nous mettre mal à l’aise dès qu’ils parlent devant une caméra. Ah… cette fluidité à l’oral», ironise Marc Comina dans une comparaison France-Suisse pas très avantageuse pour nous!

«Si les électeurs étaient jeunes, il y aurait plus d’audace. Le publicitaire est un cartésien. Ce sont des clips à papa, parce que c’est papa qui vote», dissèque Roland Savioz. Et la question de l’impact? Frédéric Dabi, politologue et sondeur à l’IFOP, pense qu’il est quasi impossible à évaluer.

«On mesure les déterminants clips et profession de foi ensemble. Nous ne sommes plus à l’époque de l’ORTF et des trois chaînes, mais l’électorat âgé peut se rassurer en visionnant les clips. J’ai noté que Macron, qu’on dit hors sol, est filmé dans des paysages de campagne. Mon intuition est qu’en 2017 cela ne fait bouger aucune ligne», glisse le directeur adjoint de l’IFOP.

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