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Un centre géré par une ONG suisse a été incendié à Lesbos

L’incendie de samedi soir, qui n’a pas fait de victimes, survient dans un climat tendu sur l’île.

Nicolas Perrenoud, coordinateur à Lesbos de l’ONG suisse One Happy Family, devant les décombres du centre.
Nicolas Perrenoud, coordinateur à Lesbos de l’ONG suisse One Happy Family, devant les décombres du centre.
Michael Wyler

«Cela fait plusieurs jours que les organisations d’entraide aux réfugiés étaient menacées par des militants d’extrême droite», confirme Nicolas Perrenoud, coordinateur sur l’île de Lesbos de l’ONG suisse One Happy Family. S’il est encore trop tôt pour pointer du doigt les responsables de l’incendie qui a ravagé ses salles de classe et bureaux samedi soir, Nicolas Perrenoud a peu de doutes quant à l’origine criminelle du sinistre. «La police n’a pas terminé son enquête, mais nous a laissé entendre qu’il pouvait s’agir d’une «vengeance» suite à la manifestation antifasciste qui a eu lieu en ville de Mytilène samedi midi», explique-t-il.

Les dégâts sont considérables et, dimanche matin, les premiers collaborateurs de l’ONG étaient sur place pour tenter de refaire rapidement fonctionner l’électricité et les arrivées d’eau. «Tout remettre en état va demander pas mal de travail et d’argent», précise Nicolas Perrenoud, ajoutant: «Nous avons déjà commencé à recevoir des dons, mais n’allons pas faire une campagne de récolte de fonds. Je n’aime pas l’idée de profiter de cet incendie pour attendrir nos donateurs. On se met tout de suite au travail et je suis confiant que l’argent suivra.»

Agir plutôt que subir

Quotidiennement, l’ONG, qui a son siège dans le canton de Berne, accueille des dizaines de familles de réfugiés dans son centre communautaire de Lesbos. Financé par des dons privés, le centre, comme l’explique son coordinateur, «ne fonctionne pas pour les réfugiés, mais avec eux. Les gens qui viennent ici participent aux décisions et au fonctionnement du centre, le but étant qu’ils redeviennent acteurs de leur vie et donc agissent plutôt que de subir.»

Des habitants de l’île et des membres de l’extrême droite grecque ont récemment protesté contre l’arrivée à Lesbos de plus de 1700 migrants et réfugiés venus de Turquie, qui se sont ajoutés aux quelque 38'000 déjà entassés dans des camps surpeuplés.

Nouveaux camps

Dans un contexte marqué ces dernières semaines par l’opposition de la population locale à la mise en place de camps de rétention supplémentaires sur l’île, le nouvel afflux de canots chargés de migrants avait suscité une explosion de colère à l’encontre des travailleurs humanitaires et des journalistes en particulier. Samedi, le Ministère grec des migrations a annoncé que deux nouveaux camps provisoires allaient être construits sur le continent, à Serres et dans la région d’Athènes, avec une capacité d’accueil de 1000 places. Des habitants de la région de Serres ont manifesté cette semaine pour refuser cette installation.

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