Carles Puigdemont échappe à un mandat d’arrêt européen

EspagneLa justice espagnole a préféré faire marche arrière pour éviter un double traitement et une peine «allégée».

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La partie d’échecs continue entre la justice espagnole et l’ex-président catalan Carles Puigdemont, replié depuis plus d’un mois en Belgique. Le magistrat en charge du dossier au Tribunal suprême de Madrid vient d’annoncer, lundi, le retrait du mandat d’arrêt européen qui visait le chef de file indépendantiste et les quatre membres de son ancien gouvernement installés avec lui à Bruxelles.

Le revirement stratégique est inattendu, alors que la justice espagnole ferraillait depuis des semaines pour obtenir l’extradition des fugitifs. Les voilà donc libres de leurs mouvements… mais en Belgique seulement. Car le juge Pablo Llarena ne retire pas pour autant l’accusation ni le mandat d’arrêt espagnol. Puigdemont et ses proches sont toujours poursuivis pour rébellion, sédition et détournement de fonds publics dans le cadre de la promotion du processus unilatéral de sécession de la Catalogne. Et s’ils posent le pied au sud des Pyrénées, les cinq «exilés» devraient être automatiquement arrêtés.

Avec ce mouvement judiciaire, le magistrat espagnol change la donne. Il renonce à compter sur la collaboration de la justice belge et évite ainsi d’entrer dans un débat sur le fond des chefs d’accusation avec ses homologues bruxellois. Ceux-ci ne reconnaissent pas les délits de rébellion et de sédition tels qu’ils sont définis en Espagne, et la motivation des délits avait toutes les chances d’être redéfinie et adoucie. Tout en renonçant au mandat d’arrêt européen, le juge du Tribunal suprême espagnol réaffirme son autorité et sa légitimité en maintenant l’intégralité des charges contre Carlos Puigdemont et les siens. Pablo Llarena veut éviter ce qu’il appelle une «distorsion substantielle» dans le traitement judiciaire des anciens membres du gouvernement catalan. Ceux qui ont fui en Belgique allaient pouvoir bénéficier de chefs d’inculpation «allégés», contrairement à ceux qui sont restés en Espagne. Parmi ces derniers, sept sont en liberté provisoire sous caution, tandis que deux sont toujours incarcérés, après avoir vu leur demande de remise en liberté rejetée lundi.

Créé: 05.12.2017, 18h24

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