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À Notre-Dame, les pompiers ont été appelés trop tard

«Le Canard enchaîné» dénonce une «série d’erreurs humaines» ayant retardé l’intervention des soldats du feu.

L’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris aurait-il pu être évité? Selon «Le Canard enchaîné», qui dénonce de nombreuses failles de sécurité, les pompiers n’ont été appelés que trente-cinq minutes après la première alerte incendie, contre les vingt minutes annoncées officiellement. Ce retard dû à «une série d’erreurs humaines» a rendu «le brasier totalement incontrôlable», poursuit l’hebdomadaire, qui revient sur la chronologie du drame.

La première alarme a bien retenti cinq minutes après l’alerte lumineuse du détecteur de fumée, mais elle a été considérée comme une «fausse alerte». Le régisseur et un agent de sécurité de la cathédrale envoyés sur les toits n’ont rien trouvé. La faute, disent-ils aujourd’hui, à un employé du PC sécurité de la société Elitys, qui n’aurait pas correctement indiqué la zone concernée. Contactée par «Le Canard enchaîné», l’entreprise dément formellement. Il a fallu encore de longues minutes pour que le régisseur et son adjoint parviennent à localiser les flammes à la base de la flèche, avant d’appeler les pompiers, qui sont arrivés juste avant 19 h.

Mégots retrouvés

Autre couac. La Brigade criminelle privilégie aujourd’hui «la piste du court-circuit». Or les équipements suspectés (les moteurs des ascenseurs des échafaudages et les boîtiers électriques nécessaires aux travaux) se trouvaient loin du point de départ présumé de l’incendie. «Le Canard enchaîné» explique aussi que des ouvriers interrogés par la police ont reconnu qu’il leur arrivait, «malgré une interdiction stricte, de fumer sur les échafaudages». Sept mégots auraient été retrouvés sur les lieux.

Par ailleurs, des responsables de la cathédrale contactés par le journal satirique ont confirmé que «des fils électriques couraient dans les combles», exposant l’édifice à des risques de «court-circuit», en infraction avec tous les règlements de sécurité édictés par les architectes en chef des monuments historiques.

Cloches électrifiées

On apprend également que la flèche qui s’est effondrée abritait trois cloches qui avaient été électrifiées, à titre temporaire, «au début des travaux de rénovation des grandes cloches des beffrois», en 2012. Une fois le chantier achevé, l’électricité n’avait pas été coupée. Le jour du drame, les cloches ont tinté lors des messes de 8 h, 9 h, midi et 18 h 04, «soit douze minutes avant la première alerte du détecteur de fumée», rappelle «Le Canard enchaîné».

Par ailleurs, le plan anti-incendie mis en place par la Direction régionale des affaires culturelles, qui prévoyait la mise en place d’un PC sécurité avec deux surveillants payés par l’État 24 h sur 24, n’aurait pas été respecté. Un seul homme était présent et uniquement de 8 h à 23 h.

Enfin, les colonnes sèches chargées d’alimenter les lances «ne permettaient pas de délivrer plus de 200 à 500 litres d’eau par minute – le débit pour éteindre un départ d’incendie mais pas un brasier de grande ampleur», précise l’hebdomadaire. Ce qui aurait contraint les pompiers «à battre en retraite avant de remonter plus tard», armés de «lances quatre à cinq fois plus puissantes. Mais trop tard pour sauver la charpente.»

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