Boris Johnson martèle que le vote de Westminster samedi ne change rien

BrexitDimanche, les tractations sur le Brexit ont continué à Bruxelles malgré la demande de report.

La réunion du Parlement britannique qui, samedi, a adopté
un amendement réclamant un nouveau report du Brexit.

La réunion du Parlement britannique qui, samedi, a adopté un amendement réclamant un nouveau report du Brexit. Image: EPA

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Après le coup de théâtre survenu samedi au Parlement britannique, où les députés ont décidé de repousser leur décision sur l’accord de Brexit négocié avec Bruxelles, le premier ministre Boris Johnson a envoyé deux lettres aux Européens.

La première, non signée, demande un report de trois mois du Brexit. Elle résulte de l’obligation faite au premier ministre (par une loi votée en septembre) de réclamer cette extension du délai. La deuxième lettre, signée par Boris Johnson, contredit la première en affirmant qu’il ne veut pas de ce délai. À ces deux missives, l’ambassadeur britannique auprès de l’Union européenne (UE), Tim Barrow, en a ajouté une troisième précisant que la demande de report n’a été présentée que dans le but de se plier à la loi. Une source européenne citée par l’AFP a ironisé: «Ils sont arrivés, ce sont des triplés!»

Du côté de Bruxelles

Face à cet abondant courrier, les Européens sont restés sur la retenue. Dimanche matin, une réunion «technique» des ambassadeurs des Vingt-Sept s’est tenue à Bruxelles autour de Michel Barnier, le négociateur de l’UE pour le Brexit. Elle n’a pas duré plus d’un quart d’heure. La demande britannique y a été mentionnée, mais pas débattue. À l’issue de la réunion, Michel Barnier a déclaré aux journalistes: «La rencontre a été normale. […] Comme prévu, les ambassadeurs européens se sont vus ce matin pour fixer les prochaines étapes de la ratification par l’UE.» Interrogé sur l’attitude des Européens face à la nouvelle demande de report du Brexit, le négociateur européen s’est borné à répondre que Donald Tusk, le président du Conseil européen, «va consulter dans les prochains jours».

Une sortie le 31 octobre?

Dans cette situation confuse, le gouvernement de Boris Johnson martèle que le vote de samedi ne change rien et que le Brexit aura bien lieu à la date prévue. Son bras droit, Michael Gove, a déclaré dimanche: «Nous allons sortir le 31 octobre. Nous avons les moyens et la capacité de le faire.» À la BBC, le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab, s’est dit lui aussi «confiant», estimant que «beaucoup de gens dans l’UE ne veulent pas d’un report».

Plusieurs responsables européens laissent en effet planer des doutes sur la possibilité d’un feu vert unanime à la demande britannique. Samedi après-midi déjà, le président français, Emmanuel Macron, s’est entretenu avec Boris Johnson pour lui faire savoir, selon les termes de l’Élysée, qu’un «délai supplémentaire n’est dans l’intérêt de personne».

De son côté, le leader des travaillistes britanniques, Jeremy Corbyn, a exulté sur Twitter en estimant que l’accord négocié par Boris Johnson a été «défait». Il s’est aussi réjoui que le premier ministre ait dû «obéir à la loi» malgré «sa posture irritable et fanfaronne». Le coup de théâtre de samedi fait également le bonheur de ceux qui espèrent un nouveau référendum. Ils étaient des centaines de milliers à défiler dans les rues de Londres samedi.

Créé: 20.10.2019, 20h37

Articles en relation

Boris Johnson parvient à arracher un accord

Brexit Le premier ministre britannique a bluffé tout son monde en trouvant en un temps record un accord avec l’Union européenne. Pourtant, l’imbroglio du Brexit n’est ni résolu ni terminé. Plus...

Johnson donne des ailes aux eurosceptiques suisses

Accord sur le Brexit L'accord trouvé entre le premier ministre britannique, réputé intransigeant, et l'Union européenne, aura une influence dans le débat politique suisse. Plus...

Une solution en vue pour le Brexit

Royaume-Uni Face à l’urgence, Londres et Bruxelles semblent s’être mis sur la même longueur d’onde. Un accord d’ici à jeudi paraît envisageable. Plus...

Pourquoi le Brexit se joue en Irlande du Nord

Royaume-Uni Boris Johnson fait une «offre finale» à Bruxelles et jure de partir le 31 octobre. Avec ou sans accord. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Levrat quitte la présidence du PS
Plus...