Passer au contenu principal

De prises de bec en ergoteries, les Européens peinent à se choisir des chefs

Une véritable mutinerie a retardé le sommet européen qui s’ouvrait dimanche à Bruxelles.

Manfred Weber (CSU) et le socialiste Frans Timmermans sont au cœur des stratégies «merkéliennes».
Manfred Weber (CSU) et le socialiste Frans Timmermans sont au cœur des stratégies «merkéliennes».
Reuters

Pour la seconde fois depuis les élections du 26 mai, les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-Huit se retrouvaient dimanche à Bruxelles pour tenter de trouver un successeur à Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne.

La rencontre semblait se présenter sous d’assez bons auspices. Lâché par Angela Merkel, Manfred Weber (CSU), tête de liste du Parti populaire européen (PPE) arrivé en tête de l’élection, était censé se retirer de la course pour débloquer la situation. En marge du G20 à Osaka, la chancelière allemande avait en effet, avec le président français Emmanuel Macron, le premier ministre socialiste espagnol Pedro Sánchez et son homologue libéral néerlandais Mark Rutte, imaginé une solution «clés en main» dont le président du Conseil Donald Tusk devait assurer la publicité et le marketing pendant la soirée.

Le plan prévoyait de placer à la Commission la tête de liste socialiste Frans Timmermans, actuel vice-président de l’institution et fer de lance des procédures lancées contre la Pologne et la Hongrie pour violation de l’État de droit. Cette option aurait l’avantage de complaire au Parlement, qui veut sauver le lien entre l’élection et la formation de l’Exécutif. Le PPE aurait la présidence du Parlement et éventuellement le poste de haut représentant de l’Union, actuellement occupé par l’Italienne Federica Mogherini. La présidence du Conseil européen, à pourvoir en fin d’année, serait réservée à un libéral.

Clash

De quoi, en somme, surmonter la difficulté de l’exercice qui suppose de réunir une double majorité: la première au Parlement européen où le PPE, dominant mais affaibli, ne peut plus se contenter de son allié socialiste et doit s’allier aux libéraux, et la seconde au Conseil européen, où libéraux et PPE ont à peu près le même poids, mais où une alliance est également nécessaire car la majorité a été fixée à 21 pays sur 28, regroupant 60% de la population.

Mais patatras! Dimanche après-midi, lors d’une réunion préparatoire des dirigeants du PPE, la «pilule» merkélienne a eu du mal à passer. Citant des sources internes, «Der Spiegel» assurait que non seulement le Hongrois Viktor Orbán s’était rebiffé, mais aussi ses homologues letton et irlandais, exigeant un successeur de la famille à Juncker. Bref! Avant même de déchirer les Vingt-Huit, le grand mikado post-électoral avait déjà commencé à agir comme un acide sur l’unité de la famille démocrate-chrétienne.

Ce clash a d’ores et déjà bouleversé le programme. Le sommet n’a véritablement commencé qu’à 21 h 20, plus de trois heures après l’heure prévue. Plus tôt dans la soirée, le premier ministre letton, Arturs Krisjanis Karins, déclarait: «Je ne vois pas pour l’instant d’équilibre se cristalliser.» Si une «percée» n’était pas exclue pendant la nuit, parier dessus était aussi hasardeux que d’essayer de «deviner s’il va pleuvoir demain à 15 h précises», avait-il ajouté.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.