«Nous avions eu un très bon contact, et ça s’est confirmé»

Visite de travail à l’ÉlyséeAlain Berset pensait accord institutionnel, Emmanuel Macron pensait Rafale. Récit d’une rencontre sans pantalon blanc.

Alain Berset a été chaleureusement accueilli par Emmanuel Macron, même si les priorités des deux hommes divergent. KEYSTONE

Alain Berset a été chaleureusement accueilli par Emmanuel Macron, même si les priorités des deux hommes divergent. KEYSTONE Image: Keystone/Keystone

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Le déploiement de la Garde républicaine pour accueillir un chef d’État dans la cour de l’Élysée, c’est toujours un spectacle impressionnant. Quoique… ce mercredi après-midi, un détail chiffonne le correspondant de France 2: «Il a vraiment rang de chef d’État, votre président? Les gardes devraient porter la culotte blanche si c’était le cas, et pas la culotte bleue…» Bref émoi, mais pas le temps d’approfondir. Alain Berset arrive, il passe la garde en revue, sans se soucier de la couleur des pantalons, et est accueilli par Emmanuel Macron. Sourires, poignée de main, ils s’engouffrent dans l’Élysée pour une réunion de travail de 45 minutes, qui durera une demi-heure de plus.

C’est la deuxième fois qu’ils se rencontrent, après la Foire du livre de Francfort l’an passé. «On avait eu un très bon contact à Francfort, ça s’est confirmé aujourd’hui», se félicite Alain Berset à l’issue de la rencontre, dans un petit point de presse organisé pour les journalistes suisses.

L’objet d’une telle réunion de travail, c’est de passer en revue l’état des relations bilatérales entre les deux pays, d’aborder quelques questions internationales et les préoccupations du moment. Mais en réalité, chacun a en tête un ou deux dossiers bien précis sur lesquels il veut avancer ses pions.

Côté suisse, LE grand dossier, c’est la négociation difficile d’un accord institutionnel avec l’Union européenne. Bruxelles fait pression pour arriver à un accord avant la fin de l’année, mais le Conseil fédéral, dans une décision qu’il pourrait prendre ce vendredi, s’apprête vraisemblablement à retarder les choses. Face à l’opposition des syndicats qui refusent de toucher aux mesures d’accompagnement, le gouvernement estime qu’il faut du temps pour trouver de nouvelles solutions…

Fermeté française

Le président de la Confédération espérait donc aplanir les choses, par crainte de représailles qui pourraient toucher la place financière suisse (à travers l’équivalence boursière) ou les hautes écoles (Horizon 2020). Car Emmanuel Macron est très ferme sur l’ensemble de cette question, une de ses porte-parole le confirme: «L’accord institutionnel est vraiment une priorité pour la France. Le président souhaiterait une conclusion rapide et il soutient absolument la position de la Commission.»

Alors, Alain Berset a-t-il réussi à faire passer son message? «Nous n’avons pas parlé de délais, mais j’ai rappelé notre système de démocratie directe, j’ai rappelé que la Suisse est le pays au monde qui a le plus voté sur des questions touchant à l’Union européenne, et cela continue. Le rythme nous est donné par la Constitution, et je crois que ce message est très bien compris.»

À l’issue de la conférence de presse, le secrétaire d’État Roberto Balzaretti, qui chapeaute les négociations et qui assistait à la rencontre, glisse en aparté: «Le président Macron a dit ce qu’on attendait: il comprend ce qui se passe chez nous. Est-ce qu’il va aller transmettre ce message à Bruxelles, ça, c’est une autre affaire. Les Français ne nous ont jamais beaucoup aidés. Mais franchement, ça s’est bien passé, l’ambiance était bonne, ça aurait pu être beaucoup plus dur.»

Et Emmanuel Macron, quel dossier avait-il en tête face à Alain Berset? La porte-parole de l’Élysée, la veille de la rencontre, évoquait «la coopération de défense» et les moyens de «développer le potentiel d’exportation de la France».

Tiens, tiens… Aurait-il parlé de l’avion Rafale, que la France espère vendre à la Suisse? Alain Berset, diplomatiquement, confirme que le sujet a été abordé: «Je lui ai donné des précisions sur le processus de choix qui sera suivi.»

Au revoir

On a appris encore que les deux présidents se verront trois fois cet automne lors de rencontres multilatérales et qu’Alain Berset a été invité par Emmanuel Macron le 11 novembre au Forum sur la Paix.

À propos, le président de la Confédération n’a pas eu droit aux culottes blanches car il ne s’agissait que d’une réunion de travail. Mais il repart en chef d’État, savourant le plaisir de traverser Paris à toute allure, avec des motards qui dégagent la route et grillent les feux rouges. Ce n’est pas à Berne qu’on verrait ça!

(TDG)

Créé: 12.09.2018, 21h57

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