L’«audacieux» François Hollande joue la carte euro

FrancePour l’interview du 14 juillet, le président français a mis en avant son rôle lors de la crise grecque et fait des propositions pour l’euro.

Six mois après les attentats terroristes, la France a mis à l'honneur ses unités policières et militaires antiterroristes. Lors de sa traditionnelle interview du 14 juillet, François Hollande a  mis en exergue son rôle face à la crise grecque et à la menace terroriste.

Six mois après les attentats terroristes, la France a mis à l'honneur ses unités policières et militaires antiterroristes. Lors de sa traditionnelle interview du 14 juillet, François Hollande a mis en exergue son rôle face à la crise grecque et à la menace terroriste. Image: Pool/Reuters

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«Il aura mis du temps à se présidentialiser, mais cette fois, il y est!» Pour Roland Cayrol, directeur du Centre d’études et d’analyses (Cetan), François Hollande a livré une très bonne prestation – du moins sur la forme – lors de l’habituelle interview télévisée du 14 juillet, où le président de la république dresse le bilan de l’année en cours. La crise grecque, l’Iran, le terrorisme et le chômage ont évidemment été abordés.

Cette «présidentialisation» de François Hollande repose sans doute sur ses récents succès. Aussi il n’a pas hésité à se présenter en président «audacieux» et a mis en avant son rôle dans l’accord sur la Grèce. François Hollande a appelé de ses vœux un «gouvernement économique européen» et proposé l’instauration d’«un budget de la zone euro».

Une initiative saluée par Nicolas Bouzou, économiste français indépendant, auteur d’un ouvrage remarqué qui faisait un tour d’Europe de l’économie: «J’attendais qu’un chef d’Etat européen s’exprime sur ce sujet!»

Pour le coup, François Hollande s’est montré très offensif. «Il a raison d’appeler à la constitution d’un Parlement européen de la zone euro, condition nécessaire à la survie de la monnaie unique», analyse Nicolas Bouzou. Sans budget commun et système de redistribution, «la crise grecque pourrait survenir à nouveau dans d’autres pays», poursuit-il.

La France au centre

Je ne dis pas que c’est la France qui a gagné», mais elle a «occupé toute sa place», a glissé François Hollande lors de l’entretien. Jouant de la nuance, il a souligné le rôle joué par Paris dans la résolution de la crise grecque. «Il aurait pu pâtir d’une image de président trop compréhensif face à Alexis Tsipras. Il démontre que la France est, quoi qu’il arrive, au centre de gravité de décisions partagées avec l’Allemagne. Et rappelé l'unité de la relation avec Angela Merkel», met en exergue Roland Cayrol.

Avis plus critique de la part de l’économiste Nicolas Bouzou. «Je le note moyen. Le discours n’est pas mauvais, mais les mauvais résultats économiques et le boulet des deux premières années du quinquennat lui ôtent toute crédibilité. C’est pour cela que les Allemands sont beaucoup plus audibles dans la crise grecque. Dommage! Car les propositions françaises étaient plutôt bonnes.»

Déjà la présidentielle!

Le bilan économique et social du président socialiste sera bel et bien un des points centraux de l’élection présidentielle agendée dans 22 mois. François Hollande a réitéré sa promesse de ne se présenter que si la courbe du chômage était inversée. Malgré une croissance positive, mais jugée «trop faible», ce n’est toujours pas le cas: le chômage continue de progresser en France!

Et l’identité sera également au cœur de la présidentielle 2017. «C’est intéressant. Il a parlé de patrie et d’âme française qu’il englobe sur deux axes. Il fait un appel de phare à droite en disant que la nation française doit faire progresser l’Europe. Il fait un clin d’œil à gauche quand il affirme ne pas accepter la France rabougrie!» explique Roland Cayrol. Pour le politologue, la présidentielle, c’est déjà maintenant.

Créé: 14.07.2015, 18h44

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