Angela Merkel, dernière!

AllemagneAffaiblie par cinq mois de crise, la chancelière doit être réélue ce mercredi pour un quatrième mandat. Elle est très attendue sur l’Europe.

La chancelière est sortie affaiblie des longues négociations avec les sociaux-démocrates. Elle devra en plus se méfier de ses propres camarades de parti qui n’ont pas dit leur dernier mot dans la course à sa succession.

La chancelière est sortie affaiblie des longues négociations avec les sociaux-démocrates. Elle devra en plus se méfier de ses propres camarades de parti qui n’ont pas dit leur dernier mot dans la course à sa succession. Image: Keystone

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Plus de 170 jours après les élections, l’Allemagne a enfin un gouvernement! «Pour d’autres pays, cela pourrait paraître normal. Mais pour les Allemands, c’est exceptionnel», insiste Markus Linden, politologue à l’Université de Trèves.

En effet, jamais dans l’histoire de la République fédérale la formation d’un gouvernement n’avait été aussi laborieuse. La grande coalition («GroKo» pour grosse Koalition), entre l’Union conservatrice (CDU/CSU) et les sociaux-démocrates du SPD, est «loin d’être un mariage d’amour», comme le reconnaît le futur vice-chancelier social-démocrate et ministre des Finances, Olaf Scholz.

Les deux partis ne voulaient pas gouverner de nouveau ensemble. Mais ils ont été forcés de le faire pour sortir le pays d’une impasse politique et pour éviter de nouvelles élections peu encourageantes pour eux dans les sondages.

Après cinq mois de crise politique, le gouvernement d’Angela Merkel démarre donc très affaibli. Les deux formations, qui ont perdu ensemble 14 points aux élections de septembre 2017, sont donc condamnées au succès si elles ne veulent pas vivre une nouvelle débâcle électorale dans quatre ans. «Elles n’auront pas le luxe de se comporter comme les deux précédentes GroKo qui pouvaient se contenter d’administrer le pays. Il va falloir livrer des résultats concrets et répondre à l’extrême droite qui est entrée au parlement», estime Gero Neugebauer, politologue à l’Université Libre de Berlin (FU).

Succession ouverte

Angela Merkel, qui sera réélue ce mercredi à l’Assemblée fédérale (Bundestag) pour un quatrième mandat de chancelière, devra surtout tenir ses troupes alors que le débat sur sa succession est ouvert. Certes, elle a réussi à prendre de court ses adversaires internes en nommant sa dauphine, Annegret Kramp-Karrenbauer (AKK), au poste de secrétaire générale de la CDU. Mais les autres prétendants au trône n’ont pas dit leur dernier mot. «Le ministre de la Santé, Jens Spahn, ne manquera pas de se faire entendre. Merkel pensait le neutraliser en le nommant au gouvernement. C’est une erreur», analyse Gero Neugebauer.

Les sociaux-démocrates se sont d’ailleurs réservé une porte de sortie en inscrivant dans le contrat de coalition un «bilan à mi-parcours». «Cette option leur permettra de quitter le gouvernement la tête haute dans deux ans si les choses tournent mal», explique Markus Linden. Un mandat complet n’est donc nullement assuré pour Angela Merkel.

La chancelière devra également donner des réponses aux propositions françaises de refondation sur l’Europe. Elle a promis de se rendre à Paris juste après son élection pour évoquer la relance du «couple franco-allemand» et la réforme de la zone euro avec le président Macron. «La situation actuelle est une chance réelle pour l’Europe. Mais il faut attendre que le gouvernement allemand avance ses pions. Merkel n’a jamais été une Européenne convaincue. Pourquoi bougerait-elle aujourd’hui alors qu’elle n’a rien fait pendant douze ans?» s’interroge Gero Neugebauer.

La touche de Martin Schulz

En effet, la touche européenne du contrat de coalition est sociale-démocrate. «C’est Martin Schulz qui a imposé l’Europe comme priorité du prochain mandat de Merkel. L’Europe, c’est son héritage. Or, il n’est plus là!» poursuit Gero Neugebauer.

L’ancien patron démissionnaire du SPD et candidat malheureux aux élections fédérales s’était imaginé ministre des Affaires étrangères pour mettre en œuvre sa politique de relance de l’Europe. C’est Heiko Maas, l’ancien ministre de la Justice (SPD), qui prendra les rênes de la diplomatie allemande, un homme de caractère mais sans expérience à l’international.

(TDG)

Créé: 13.03.2018, 19h50

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