Orbán pousse la fondation Soros hors de Hongrie

PolitiqueAprès trente-quatre ans d’activité, l’Open Society du milliardaire d’origine hongroise va quitter Budapest.

George Soros.

George Soros. Image: Reuters

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En son temps, le dirigeant de la Hongrie communiste, János Kádár, en était lui aussi persuadé: ce milliardaire américain du nom de George Soros complotait contre lui, contre le Parti unique et la République populaire! L’ironie veut que trente-quatre années après la création du projet Open Society Foundations (OSF) à Budapest, en 1984, ce soient des dissidents anticommunistes qu’il avait financés qui se retournent contre lui. Le chef de ces «jeunes démocrates» d’alors (le Fidesz), Viktor Orbán, s’étant mué en pourfendeur de la démocratie libérale.

Au mois de mars, le premier ministre hongrois avait promis de régler ses comptes avec les suppôts de sa bête noire, décrite à grand renfort de clichés antisémites comme «tortueux, sournois, qui spécule avec l’argent et n’a pas de patrie».

Son troisième mandat d’affilée en poche, la première loi qu’Orbán fera voter par le parlement élu le 8 avril – et dont il contrôle les deux tiers – sera la loi de «sécurité nationale» dite «Stop Soros». Elle prévoit pour les associations d’aide aux migrants la taxation de 25% des dons en provenance de l’étranger, ainsi que des procédures d’enregistrement complexes auprès du Ministère de l’intérieur.

Annonçant son déménagement cet été à Berlin, l’Open Society Foundations dénonce dans un communiqué «un environnement législatif et politique de plus en plus répressif» dans lequel «il est devenu impossible de protéger la sécurité de nos opérations et de notre personnel en Hongrie contre l’ingérence arbitraire du gouvernement». La fondation affirme toutefois qu’elle continuera à soutenir financièrement les diverses associations progressistes en Hongrie qui travaillent pour l’intégration des Roms, des réfugiés, la protection des libertés individuelles, etc.

Tous les regards se tournent à présent vers l’Université d’Europe centrale (CEU), fondée au début des années 90 par le même homme, et qui se trouve, elle aussi, dans le viseur des autorités. Son recteur, Michael Ignatieff, ancien chef du Parti libéral canadien, a affirmé mardi qu’il envisageait de déménager son campus à Vienne, d’où le maire social-démocrate fait de grands appels du pied.

L’opposition relancée?

Au printemps 2017, la mise sur la sellette de la prestigieuse université avait suscité de grandes manifestations antigouvernementales. Les derniers événements pourraient relancer le mouvement d’opposition qui a réuni jusqu’à cent mille personnes dans la capitale et en province, réclamant la neutralité de l’État et des médias publics, après les élections législatives du 8 avril, remportées haut la main par le Fidesz mais jugées inéquitables par l’OSCE.

Pour l’heure, seul le Parti populaire européen (PPE), qui souffle le chaud et le froid à l’égard du Fidesz, semble avoir la capacité de faire faire machine arrière au dirigeant hongrois. Tibor Vámos, proche collaborateur du philanthrope Soros, n’en revient toujours pas de ce retournement de l’histoire, lui qui avait poussé à la fin des années 80 pour aider ces jeunes démocrates qui règnent aujourd’hui sur le pays. «On s’est lourdement trompés», confie-t-il. (TDG)

Créé: 16.05.2018, 10h04

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