Nigel Farage revient sur scène avec le Brexit Party

Royaume-UniLe nouveau parti fondé en janvier est en tête des intentions de vote pour les européennes du 26 mai.

Nigel Farage compte utiliser l’effet de l’élection du 26 mai pour faire changer la politique britannique.

Nigel Farage compte utiliser l’effet de l’élection du 26 mai pour faire changer la politique britannique. Image: Rui Vieira/AP Photo

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Telle la superstar de la politique britannique qu’il est, Nigel Farage s’engouffre dans l’allée centrale de l’Albert Hall de Nottingham sous l’ovation des 400 à 500 personnes présentes. Sourire jusqu’aux oreilles, il empoigne les mains qui se dressent devant lui avant de se projeter sur la scène. Le cofondateur de l’UKIP est enterré: en ce samedi de Pâques, Nigel Farage se présente comme l’homme fort du Brexit Party, fondé en janvier et opérationnel depuis seulement quelques jours. «Ce pourquoi nous faisons campagne ici est plus important que de donner 39 milliards de livres (51 milliards de francs) à l’Union européenne (UE) en échange de que dalle, que de pouvoir signer nos propres accords commerciaux et même que de sortir de l’UE», assure-t-il. «Nous devons nous battre pour vivre dans une nation qui fonctionne! Si le résultat d’une élection n’est pas respecté en Afrique, cela provoque une levée de boucliers internationale. C’est pourtant ce qui arrive ici avec le non-respect du résultat du référendum. Et nous devons mettre fin à cette situation!»

«Démocratie!» clament Nigel Farage et ses deux acolytes du jour. «Je suis là aujourd’hui car comme vous, je crois en la démocratie et, contrairement aux députés, je comprends que la démocratie l’emporte sur mes idéaux», lance Annunziata Rees-Mogg, l’une des têtes de liste du Brexit Party. Le président du parti et homme d’affaires Richard Tice réclame, lui, de «recréer la confiance dans la démocratie».

Le mot «immigration» n’a été prononcé qu’une seule fois pendant l’heure qu’a duré leurs trois discours. Leur principale cible est «le système bipartite», comme l’a clairement énoncé Nigel Farage. «Nous allons remporter cette élection européenne mais nous voyons plus loin. Lorsque je dirigeais l’UKIP, les électeurs nous prêtaient leur vote pour les élections européennes mais votaient lors des élections générales pour les deux grands partis. Je sens que cela est en train de changer.»

Cette phrase fait hurler de joie ses supporters. Nombre d’entre eux ne sont en effet pas des inconditionnels historiques de cet homme longtemps habitué à apparaître une pinte à la main et qui met désormais en valeur sa silhouette amaigrie. Ils ont été attirés par son recadrage sémantique, destiné à attirer un public bien plus large, alors que dans le même temps l’UKIP s’est radicalisée avec l’accueil de personnalités liées à des actions ou des propos racistes. «Je suis membre du parti conservateur, je le resterai et je me rendrai au congrès annuel pour rappeler que le gouvernement avait promis d’appliquer le résultat du référendum», assure Anthony Henson, la soixantaine passée. Idem pour Samantha, qui ne veut pas donner son nom de famille. «Mon association conservatrice, basée dans le comté du Surrey, a décidé de ne pas faire campagne pendant l’élection européenne, mais ce n’est pas encore officiel et nous allons voter en masse pour le Brexit Party: nous sommes dans une démocratie, le résultat du référendum doit être respecté», se justifie-t-elle.

Ce n’est donc pas une surprise si les deux plus récents sondages donnent le Brexit Party en tête de l’élection européenne prévue le 26 mai. Crédité de 23 à 27% d’intention de votes, il devance d’une courte tête le Parti travailliste (22%) et très largement le Parti conservateur (de 15 à 17%). L’UKIP récupère également de 6 à 7% d’intention de votes. En 2014, l’UKIP, alors dirigé par Nigel Farage, avait obtenu 26,6% des votes, le Labour 24,4% et les Tories 23,1%.

Le résultat de ces élections européennes ne devrait pas être déterminant pour la tenue des affaires européennes, puisqu’il est probable que les députés britanniques ne siégeront que quelques mois. Nigel Farage en convient: «L’effet de l’élection du 26 mai se fera bien plus ressentir ici qu’au sein de l’UE: nous l’utiliserons pour faire changer la politique britannique. Et notamment son approche du Brexit.» Si le Brexit Party remporte largement cette élection, le message des partisans d’un maintien dans l’UE deviendra inaudible et l’idée d’un second référendum sera sans doute totalement abandonnée.

Créé: 22.04.2019, 21h12

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