Macron impose de former les imams en France

IslamPour lutter contre le séparatisme islamique, Macron s’en prend aux influences de l’étranger. Et fâche la Turquie...

Emmanuel Macron s’est rendu mardi dans le quartier de Bourtzwiller, à Mulhouse, pour présenter ses mesures contre le séparatisme islamique.

Emmanuel Macron s’est rendu mardi dans le quartier de Bourtzwiller, à Mulhouse, pour présenter ses mesures contre le séparatisme islamique. Image: AP

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Il y a chez Emmanuel Macron cet art permanent du contre-pied: alors que depuis des mois les oppositions de droite et de gauche sommaient le président de s’exprimer sur la question de l’islam en France à travers les prismes de la laïcité ou du communautarisme, il a écarté avec autorité ces deux notions pour en imposer une nouvelle, plus précise et plus aiguë, le séparatisme islamique. Mardi, dans une de ces opérations spectaculaires dont il a le secret, il s’est déplacé à Mulhouse, dans le quartier de Bourtzwiller, pour démontrer comment il entendait désormais combattre ce fléau du séparatisme, de ceux qui, «au nom d’une religion, veulent se séparer de la République».

Bourtzwiller n’était pas un choix de hasard: 15'000 habitants, c’est un des 47 «quartiers de reconquête républicaine» dotés depuis 2018 d’effectifs de police supplémentaires (22 policiers aujourd’hui, contre sept il y a deux ans), et c’est aussi un des 17 «territoires de lutte contre la radicalisation» mis en place discrètement l’an dernier. Le résultat, rien qu’à Mulhouse: sept débits de boissons fermés, 20 clubs sportifs contrôlés et réorientés, sept écoles hors contrats passées au peigne fin, de même que deux écoles pour mineurs. Ce dispositif, jusqu’à présent mené à des échelles réduites, sera généralisé à l’ensemble du pays.

Ça, c’était pour la bonne bouche et donner une première réponse à ceux qui l’accusent d’être un homme de beaux discours et de peu d’action. «Vous voyez, on parle peu mais on agit», a souri Emmanuel Macron.

Puis sont venues les annonces, centrées avant tout sur «les influences étrangères et les dérives qu’elles entraînent». Et elles ne sont pas négligeables. D’abord, Emmanuel Macron va supprimer le système d’enseignants désignés par leurs pays d’origine pour donner des cours dans le cadre de l’éducation nationale aux enfants de l’immigration. Créé en 1977, ce système touche 80'000 élèves par année. Tous seront désormais contrôlés et devront parler français, ce que la Tunisie, l’Algérie et le Maroc ont accepté. «Les discussions se sont très bien passées avec tous les pays, sauf avec la Turquie, mais la règle s’appliquera à tous», a souligné le président.

Une autre mesure, encore plus spectaculaire, concerne les 300 imams et 300 psalmodieurs qui chaque année viennent en France, envoyés là encore par l’Algérie, le Maroc et la Turquie. Dès l’année prochaine, ils ne seront plus acceptés et la France sortira progressivement de ce système. «Nous allons former des imams en France pour qu’ils parlent français et connaissent les lois de la République», a promis le président. Des discussions ont été menées avec le Conseil français du culte musulman pour qu’il présente un plan de formation et de certification. Emmanuel Macron a également précisé que le financement de la construction de mosquées serait désormais soumis à des règles de transparence.

Imams contre l’islamisme

Pendant qu’à Mulhouse il annonçait ces mesures, le hasard veut qu’à Paris une cérémonie émouvante avait lieu en face du Bataclan: 60 imams venus de plusieurs pays pour un «Colloque des imams d’Europe contre la radicalisation» déposaient des fleurs et priaient devant la plaque à la mémoire des 90 victimes de la tuerie du 13 novembre 2015. À leur tête, Hassen Chalghoumi, imam de la mosquée de Drancy et figure singulière de l’engagement pour un islam modéré.

Le franc-parler de Hassen Chalghoumi, sa condamnation de «l’idéologie de haine de l’islamisme» et les voyages qu’il a osé faire en Israël lui ont fréquemment valu le reproche de certains qui l’accusent d’être non représentatif ou de «dénigrer les musulmans». Il n’en a cure: «Il y a des quartiers où malheureusement la République est absente. Des salles de sport ou des lieux de prière où on prêche la haine. Des fillettes de 6ans qui portent le voile dans des écoles islamistes. Est-ce cela l’avenir? Non! Il faut un discours ferme», s’exclamait-il devant la plaque du Bataclan.

C’est dans cette optique qu’il a réuni un colloque de trois jours, avec pour but de présenter un «livre blanc» aux autorités et une liste de mesures possibles. À ses yeux, la démarche des imams appuie totalement celle du président Macron: «Nous sommes là pour dire au président: «Allez au combat, n’ayez pas peur, nous vous soutenons!» À Paris comme à Mulhouse, un esprit similaire soufflait…

Créé: 18.02.2020, 21h36

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