Les «vaches à hublot» dénoncées par L214 existent aussi en Suisse

FranceUne nouvelle vidéo choc de l’association française de lutte contre la maltraitance animale révèle l’enfer des bovins fistulés.

Les vaches à hublot chez Sanders, filiale du groupe Avril (France)

Les vaches à hublot chez Sanders, filiale du groupe Avril (France) Image: Capture Youtube Association L214

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

C’est une horreur. Mais c’est loin d’être nouveau. Dans sa dernière vidéo, l’association française L214, spécialiste de la lutte contre la maltraitance animale, dénonce les conditions de vie des «vaches à hublot» dans un centre de recherche privé sur la nutrition animale, situé dans la Sarthe.

Attention, cette vidéo contient des images pouvant choquer la sensibilité de certaines personnes.

L’estomac de ces bovins, perforé sur 15 cm et équipé (à vie) d’une canule en plastique permettant un accès direct à leur panse, sert à tester différents aliments et analyser leur digestion. La France n’est pas le seul pays à avoir recours à cette pratique très discutable et peu connue du grand public, qui date des années 70, comme en témoigne un documentaire de l’Institut national de l’audiovisuel français (INA).

Attention, cette vidéo contient des images pouvant choquer la sensibilité de certaines personnes.

En Suisse, cette technique, appelée fistulation, mise en place avec l’accord des autorités fédérales pour les besoins de la recherche, est utilisée depuis plus de trente-cinq ans. «De telles expériences se font dans notre pays, explique Nathalie Rochat, porte-parole de l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, mais comme toute expérimentation animale, elles sont soumises à autorisation afin de protéger les animaux de souffrances inutiles.» En 2014, l’Agroscope de Posieux avait pratiqué cette expérience sur une quinzaine de vaches, soulevant à l’époque l’indignation d’un député fribourgeois.

Au service de la science
Concrètement, le hublot est placé sur le flanc gauche de l’animal et fermé par un bouchon dévissable qui permet de déposer ou de retirer des aliments. Ce dispositif inventé au XIXe siècle s’accompagne d’un suivi vétérinaire très strict. À en croire Yves Arrigo, ingénieur agronome à l’Agroscope de Posieux, interviewé par la RTS en 2014, ce système serait indolore.

Capture écran RTS. Ce reportage est accessible en ligne ici

Ces «vaches à hublot» sont au service de la science et le but de ces expérimentations a changé avec le temps. Elles ont d’abord tenté d’optimiser la ration alimentaire des animaux, puis de réduire des troubles sanitaires ou encore d’améliorer les produits laitiers. Aujourd’hui, en France, l’essentiel de ces travaux vise à réduire la production de méthane des ruminants et leurs rejets. L’objectif? Lutter contre les émissions de gaz à effet de serre produits lors de la digestion.

Booster la production
L’association L214, pour qui ce genre de pratique visant à booster la productivité des animaux relève de la mutilation, ne l’entend pas de cette oreille. L’ONG demande l’interdiction de ces recherches, privées et publiques. Au-delà de la polémique sur ce type de pratique, les images de l’organisation, tournées en caméra cachée entre février et mai derniers, dénoncent aussi les conditions de vie de ces bovins et la violence avec laquelle ils sont «gavés» par le biais de ce hublot.

En effet, les vaches françaises appareillées de la sorte ne bénéficient pas du tout de la même attention que sous nos cieux. Elles sont contraintes de vivre enfermées dans un bâtiment au sol bétonné, sans paille, dans des conditions d’hygiène effrayantes. Et ce n’est pas tout, ajoute L214. «Dans d’autres bâtiments, des poulets ne tiennent plus sur leurs pattes du fait de la croissance toujours plus rapide de leurs muscles…» Il faut avoir l’estomac – et surtout le cœur – bien accroché pour visionner ces images.

Créé: 20.06.2019, 12h47

Articles en relation

Une puce pour limiter la souffrance animale

BILAN Les «organs on chips» imitent si bien la biologie qu'ils pourraient remplacer les tests sur les animaux dans les laboratoires. Visite de la société américaine Emulate, leader de ces techniques. Plus...

Cause animale: le temps de l’apitoiement est révolu

L'invitée Plus...

Sous le sapin, l’UDC glisse la nouvelle offensive contre le foie gras

Suisse Une motion veut bannir les produits issus de la maltraitance animale. Comme il y a un an. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Dons d'organes: le Conseil Fédéral veut le consentement des proches
Plus...