Les drogues toujours plus dangereuses et mortelles

EuropeL'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies s'inquiète du nombre de décès dus à la consommation de substances illicites.

Le cannabis reste de loin la drogue la plus populaire en Europe devant la cocaïne.

Le cannabis reste de loin la drogue la plus populaire en Europe devant la cocaïne. Image: Keystone

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Les surdoses de drogues font de plus en plus de morts en Europe. Et de nouvelles et nombreuses substances «dangereuses» pour la santé y circulent, s'inquiète l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) dans son rapport annuel publié mardi.

La consommation de drogues illicites «reste un défi majeur pour les sociétés européennes», souligne Dimitris Avramopoulos, commissaire européen pour les Affaires intérieures, cité en préambule du rapport. Il relève que «plus de 93 millions d'Européens», soit plus du quart des personnes âgées de 15 à 64 ans, en «ont déjà consommé».

Le cannabis reste de loin la drogue la plus populaire en Europe, devant la cocaïne, la MDMA (principe actif de l'ecstasy) et les amphétamines (amphétamine et méthamphétamine).

Hausse des surdoses

Deux phénomènes préoccupent plus particulièrement M. Avramopoulos: «l'augmentation, pour la troisième année consécutive, du nombre de décès par surdose» et l'exposition croissante des jeunes «à de nombreuses drogues nouvelles et dangereuses» pour la santé, notamment les «drogues de synthèse».

Le rapport de l'OEDT, fondé sur des données collectées en 2015 et 2016, souligne l'augmentation «grave» et «préoccupante» du nombre de décès par surdose dans les 28 Etats de l'UE ainsi qu'en Turquie et Norvège (8441 décès en 2015, 6% par rapport à 2014). Ces décès sont «principalement liés à l'héroïne et à d'autres opiacés» (dérivés de l'opium).

Cette hausse de la mortalité, pour la troisième année consécutive, concerne «presque toutes les tranches d'âge» et des pays comme l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède, la Lituanie ou la Turquie. Elle frappe plus particulièrement les 1,3 million d'Européens considérés comme des «usagers problématiques d'opiacés», un groupe particulièrement «vulnérable».

L'OEDT souligne que dans des pays comme la France, le Danemark, l'Irlande ou la Croatie, les surdoses d'opiacés utilisés dans des traitements de substitution (méthadone et buprénorphine notamment) tuent plus que l'héroïne.

Opiacés de synthèse: danger

Autre préoccupation de l'OEDT, les «nouvelles substances psychoactives» (drogues ou produits de synthèse) qui «représentent toujours un défi considérable pour la santé publique en Europe», d'autant plus que ces produits se renouvellent rapidement (66 nouveautés détectées en 2016 par l'UE) et «ne sont pas assujettis aux mesures de contrôle international».

Leur «disponibilité globale reste élevée» - l'OEDT en surveillait plus de 620 en 2016, contre environ 350 en 2013 - avec des ventes «de plus en plus clandestines», notamment «sur des marchés en ligne ou illicites», souligne le rapport.

L'OEDT s'inquiète notamment des dangers des nouveaux opiacés de synthèse à forte teneur en principe actif, qui imitent les effets de l'héroïne et de la morphine, et constituent une «menace croissante pour la santé» en Europe et en Amérique du Nord. Car si ces substances restent encore minoritaires sur le marché des drogues, on les retrouve de plus en plus impliquées dans «des intoxications, mortelles ou non». Ces produits sont «facile à distribuer et à transporter», et donc difficiles à traquer, note l'OEDT.

Fentanyls

Parmi ces substances figurent les fentanyls, des sédatifs très puissants qui provoquent chaque année des surdoses par dizaines de milliers, notamment en Amérique du Nord. Selon le rapport, «plus de 50 décès associés à ces substances» ont déjà été signalés en Europe.

Ces fentanyls, «dont la teneur en principe actif est exceptionnellement élevée (parfois beaucoup plus que l'héroïne), représentaient plus de 60% des 600 saisies de nouveaux opiacés de synthèse signalées en 2015», selon l'OEDT.

Quant à la cocaïne, davantage consommée dans les pays de l'Ouest et du Sud alors que les amphétamines le sont plus au Nord et à l'Est, elle semble être de plus en plus disponible dans certaines régions d'Europe, avec une hausse du nombre de saisies et une présence accrue de ses résidus dans les eaux usées, souligne le rapport. (afp/ats/nxp)

Créé: 06.06.2017, 12h55

Nombre de décès stable en Suisse

En Suisse, le nombre de décès liés à la drogue notifiés à l'Office fédéral de la santé publique est resté relativement stable entre 2010 et 2014. Mais on ne dispose pas encore de données plus récentes pour confirmer cette tendance.

La légalisation et la régulation du marché du cannabis, surtout aux Etats-Unis, a conduit à une diversification des produits issus de cette plante (e-liquides, gouttes, produits alimentaires, etc.), constate l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) dans son rapport annuel.
Cette observation vaut aussi pour la Suisse, avec la récente apparition d'un marché légal de produits du cannabis à faible taux de THC et taux élevé de CBD, note Addiction Suisse dans un communiqué diffusé mardi.

Les peines infligées dans les différents pays rappellent en outre le manque de cohérence et l'inégalité de traitement souvent associée à la lutte contre les stupéfiants, qu'une récente étude d'Addiction Suisse sur les amendes d'ordre pour usage de cannabis avait aussi relevée dans la Confédération.

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