Le Labour favorable à un second référendum pour éviter un «no deal»

Royaume-UniPour la première fois, le chef du Parti travailliste a annoncé qu’il soutiendrait un nouveau scrutin si le gouvernement ne met pas en place sa vision d’un Brexit doux.

Jeremy Corbyn, leader du Parti travailliste.

Jeremy Corbyn, leader du Parti travailliste. Image: Keystone

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Le chef du Parti travailliste Jeremy Corbyn s’est pour la première fois engagé à soutenir un second référendum pour éviter un no deal. Alors que la première ministre Theresa May a annoncé lundi le report au 12 mars du vote des parlementaires sur son accord prévu ce mercredi, le chef de l’opposition travailliste l’a prise de court: «En ligne avec la politique décidée lors de notre congrès annuel, nous nous engageons à déposer ou à soutenir un amendement en faveur d’un vote populaire pour éviter qu’un mauvais Brexit dessiné par les conservateurs soit imposé à notre pays», a-t-il indiqué dans la soirée à ses députés.

Jeremy Corbyn avait jusqu’alors refusé de s’engager verbalement sur cette option. Foncièrement eurosceptique, il avait été forcé par ses collègues à faire campagne pour rester dans l’Union européenne, avant d’être forcé de soutenir le maintien dans l’union douanière. Jamais il n’avait pourtant remis en cause le résultat du référendum. La démission de huit de ses députés anti-Brexit la semaine dernière et la menace de plusieurs de leurs collègues de les suivre ont sans doute mis fin à ses réticences. Partisan jusqu’au-boutiste de la démocratie au sein du parti, il a accepté de se ranger à l’avis de ses membres, à une énorme majorité favorables à une redite du référendum.

Quitte à rester dans l’UE

Dans un document donné à ses députés, il a également admis «qu’un référendum nécessiterait d’avoir une option crédible en faveur du Brexit et une option pour rester dans l’UE». L’une des membres de son équipe, Emily Thornberry, a même assuré que si «nous nous retrouvons face à un choix entre rester dans l’UE et un désastreux Brexit dessiné par le parti tory, nous ferons campagne pour rester». De quoi apaiser les craintes de nombreux députés travaillistes qui pensaient devoir choisir entre deux versions du Brexit.

Ces prochains jours s’annoncent donc éminemment tendus. Après plusieurs jours torrides pour une direction travailliste indécise, la pression se retrouve désormais entièrement sur les épaules de Theresa May. La première ministre sera à son tour forcée de faire un choix. Si elle refuse une fois de plus d’écouter le projet de Brexit du Labour, qui consiste en un maintien dans une union douanière, un alignement avec le marché unique et ses réglementations sur le droit du travail et la protection des travailleurs, Jeremy Corbyn et son parti demanderont donc la tenue d’un second référendum. Au regard du nombre de députés conservateurs favorables à cette option, l’engagement du Labour pourrait forcer le pays vers cette énième épreuve. Si elle accepte enfin un partenariat bipartite sur le Brexit, l’aile eurosceptique du Parti conservateur hurlera à la trahison.

Une chose semble quoi qu’il en soit de plus en plus probable: comme l’a annoncé lundi soir le président du Conseil européen Donald Tusk, la possibilité «d’un délai supplémentaire» accordé au Royaume-Uni pour sortir officiellement de l’UE «serait une solution rationnelle». Il est de moins en moins probable que le Brexit ait lieu le 29 mars.

Créé: 25.02.2019, 22h21

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