L'homme qui a renversé des militaires interpellé

FranceUn suspect a été arrêté à bord de la voiture qui a foncé sur une patrouille de militaires près de Paris. Six soldats ont été blessés.

L'attaque s'est produite devant la caserne de Levallois.
Vidéo: AFP

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Une voiture a foncé mercredi matin sur des militaires en patrouille dans une banlieue du nord-ouest de Paris, faisant six blessés et conduisant à l'ouverture d'une enquête par la justice antiterroriste.

Le véhicule soupçonné d'avoir percuté les militaires a été intercepté en début d'après midi sur l'autoroute, en direction du nord de la France. Son conducteur, blessé par balle par la police, a été interpellé, a-t-on appris de sources concordantes.

L'interception, «musclée», s'est déroulée en début d'après midi sur l'autoroute en direction de Calais, selon une source proche de l'enquête. «L'homme interpellé, né en 1980, est susceptible d'être l'auteur» de l'attaque d'une patrouille de militaires à Levallois-Perret mercredi matin, «car il était à bord du véhicule recherché et a tenté de prendre la fuite», selon une source judiciaire. Pour échapper à son arrestation, le conducteur a percuté un ou plusieurs véhicules, les policiers ont alors fait feu à plusieurs reprise, le blessant, a ajouté cette source.

Un «acte lâche»

La ministre française des Armées Florence Parly a condamné «avec la plus grande fermeté cet acte lâche qui n'entame en rien la détermination des militaires à oeuvrer pour la sécurité des Français».

La ministre des Armées a précisé, après avoir rendu visite à trois militaires «très légèrement blessés», à l'hôpital militaire de Bégin (Val-de-Marne), que les nouvelles des trois autres, envoyés à l'hôpital de Percy à Clamart (Hauts-de-Seine), étaient «rassurantes». «Les trois blessés qui sont hospitalisés à Percy ne sont pas gravement blessés, comme nous avions pu le croire un peu plus tôt dans la matinée, nous avons eu des nouvelles rassurantes sur leur état», a-t-elle déclaré.

«Tentatives d'assassinats en lien avec une entreprise terroriste»

L'enquête de la section antiterroriste du parquet de Paris a été ouverte des chefs de «tentative d'assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique en lien avec une entreprise terroriste et d'association de malfaiteurs terroriste criminelle», indique-t-on de source judiciaire.

«Nous savons que c'est un acte délibéré, ce n'est pas un acte accidentel», a dit le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb après avoir vu les militaires hospitalisés à Bégin. Cette attaque montre que le projet de loi de renforcement de la lutte contre le terrorisme, vivement contesté par les associations de défense des droits de l'homme et les magistrats, est «pleinement justifié», a-t-il ajouté.

«Une voiture qui était dans le quartier est arrivée» vers le groupe de soldats, «elle roulait doucement, à 5 mètres à peu près des militaires, elle a accéléré de manière à pouvoir les percuter», a expliqué le ministre de l'Intérieur.

Un témoin, cité par BFMTV, a précisé avoir vu la voiture rentrer d'abord «dans trois militaires» puis «dans trois autres», ajoutant: «La voiture attendait les militaires» et «elle est partie direct» sur eux.

Une banlieue «calme et sécurisée»

L'attaque de mercredi matin a eu lieu vers 8h00 devant une caserne militaire située au centre de la ville de Levallois-Perret, limitrophe de Paris. «Ce matin à la sortie de leur caserne, nos militaires sont sortis en groupe pour aller faire leur tournée et un véhicule BMW prépositionné dans l'allée leur a foncé dessus», a déclaré Patrick Balkany, le maire de cette banlieue «calme et sécurisée», où selon lui, «il n'y a jamais eu d'incidents».

Au rez-de-chaussée de l'immeuble se trouve un local prêté par la mairie de Levallois aux militaires dans le cadre de l'opération militaire Sentinelle de protection antiterroriste, a expliqué l'attaché de presse de la mairie.

Forces de l'ordre visées

La France est visée depuis janvier 2015 par une vague d'attentats djihadistes , pour la plupart revendiqués par le groupe Etat islamique (EI), qui a fait au total 239 morts. Les dernières ont tout particulièrement visé les forces de l'ordre, sur des sites emblématiques.

Samedi soir peu avant minuit à la tour Eiffel à Paris, un homme avait franchi un portique en bousculant un agent de sécurité, puis sorti un couteau en criant «Allah Akbar», avant d'être interpellé par des militaires de l'opération Sentinelle. Admis en psychiatrie mais en permission de sortie, il a dit pendant sa garde à vue vouloir «commettre un attentat contre un militaire». Il a été réadmis lundi en hospitalisation d'office.

Le 19 juin, un homme fiché pour islamisme radical, avait foncé sur un fourgon de gendarmerie, sur la prestigieuse avenue des Champs-Elysées à Paris, conduisant une voiture chargée de deux bonbonnes de gaz, d'armes et de milliers de munitions, sans provoquer d'explosion.

Trois jours avant le premier tour de la présidentielle, les Champs-Élysées avaient déjà être le théâtre d'un attentat lorsqu'un djihadiste, avait tué par balles le 20 avril un policier et blessé deux autres, avant d'être abattu.

Conseil de Défense

Un conseil de Défense, habituel avant le Conseil des ministres, a eu lieu à l'Élysée mercredi, réunissant notamment le président Emmanuel Macron, son Premier ministre Edouard Philippe, et ses ministres de l'Intérieur, Gérard Colomb, et des Armées, Florence Parly.

Début août, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb avait affirmé que «sept tentatives d'attentats» avaient été déjouées depuis le début de l'année. La France, qui participe à la coalition militaire internationale pour éradiquer l'EI en Irak et Syrie, est particulièrement menacée par les groupes djihadistes .

Un dispositif critiqué

L'état d'urgence, mis en place après les attentats de novembre 2015 a été récemment renouvelé jusqu'au 1er novembre. Le 14 juillet, le chef de l'État a annoncé que l'opération Sentinelle, qui mobilise 7000 soldats en permanence sur le territoire national depuis les attentats de 2015, allait être revue «en profondeur afin d'avoir une plus grande efficacité opérationnelle et de prendre en compte l'effectivité et l'évolution de la menace».

L'emploi massif de soldats sur le territoire national fait débat, certains politiques - surtout à droite - et militaires s'interrogeant sur son efficacité par rapport à l'effort demandé aux armées, déjà très engagées sur les théâtres d'opérations extérieurs dans un contexte budgétaire tendu.

(afp/ats/nxp)

Créé: 09.08.2017, 09h32

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Une voiture fonce sur des militaires à Paris

Une voiture fonce sur des militaires à Paris Six soldats ont été blessés mercredi matin, à Levallois, au nord-ouest de Paris.

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