Breivik dit avoir agi au nom des Droits de l’Homme

Procès du tueur d'OsloAu deuxième jour de son procès, Anders Behring Breivik a affirmé avoir été influencé par Al-Qaïda lorsqu’il a massacré 77 personnes l’été dernier en Norvège.

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Anders Behring Breivik a déclaré mardi devant le tribunal d’Oslo être un «ultra-nationaliste» ayant agi au nom des Droits de l’Homme pour sauver son peuple. «Ce sont les droits de l’Homme (qui m’ont donné le droit de protéger le peuple norvégien). Ça a peut-être l’air stupide, mais c’est le cas», a-t-il déclaré au deuxième jour de son procès dont l’audience a été levée à 16 heures.

Avec le plus grand calme, il a dit avoir été poussé à l’action parce que son peuple est, selon lui, «victime d’une ’déconstruction systématique’ qui équivaut à une purification ethnique».

«Les attaques du 22 juillet étaient des attaques préventives pour défendre les Norvégiens de souche», avait déclaré auparavant Breivik dans une intervention préliminaire de près d’une heure et quart au lieu des 30 minutes accordées par la cour qui voulait éviter un discours de propagande. Il avait conclu son intervention en demandant à être acquitté.

«Le plus grand honneur»

Breivik avait promis d’édulcorer la rhétorique de sa déclaration. «Je n’ai pas l’intention d’ajouter à la peine que (les familles et rescapés) ressentent déjà (...) Je ne peux même pas imaginer les souffrances que j’ai provoquées», a-t-il affirmé.

Il n’en a pas moins assuré que, pour lui, «être emprisonné le reste de sa vie ou mourir comme martyr pour son peuple était le plus grand honneur» et même «un devoir». Il a ensuite reconnu qu’au départ, il avait envisagé son opération comme «une attaque-suicide».

«Sa vision du monde est cohérente même si elle est très particulière. Le fait qu’il ait modéré un peu ses propos les fait malheureusement ressembler davantage à beaucoup de choses qu’on trouve sur des blogs et dans des livres», a déclaré un Suédois d’origine iranienne survivant d’Utoeya.

«Oui je le ferais de nouveau»

Regrettant que le confort de vie des Norvégiens les empêche de défendre leur pays comme il estime l’avoir fait, Breivik a affirmé être prêt à réitérer son acte: «Oui je le ferais de nouveau». Son avocat Geir Lippestad avait prévenu que le témoignage de son client, prévu sur cinq jours, serait pénible à entendre.

«Si l’on prend la Déclaration universelle des droits de l’Homme comme point de départ, on peut se donner soi-même le mandat» de défendre son pays, a encore déclaré Breivik. Pour y parvenir, il affirme que les militants nationalistes européens ont «beaucoup à apprendre» d’Al-Qaïda, «l’organisation militante ayant le plus de réussite au monde».

D’une voix posée, il a reconnu que son geste «était si extrême, même parmi les militants nationalistes», qu’il ne serait jamais compris. «Après le 11 septembre, même les militants islamistes ont été choqués: ils trouvaient que c’était aller trop loin», a-t-il tenté d’expliquer en référence aux attentats de New York. Mais pour lui, ces attentats revendiqués par Al-Qaïda ont marqué un tournant dans son parcours idéologique et son passage à l’acte.

Un juge écarté

La journée avait commencé par le renvoi d’un des trois juges issus de la société civile et qui assistent les deux magistrats professionnels. Thomas Indreboe a reconnu avoir réclamé la peine de mort pour Breivik juste après les attaques du 22 juillet.

Même si la peine capitale ne figure pas dans l’arsenal pénal norvégien, ces propos «sont de nature à affaiblir la confiance» en son jugement, a expliqué la juge Wenche Elizabeth Arntzen qui préside le procès. Cette séquence a amusé Breivik qui n’a pu réprimer un sourire. Provocation

Mardi, dès son arrivée dans le prétoire, Breivik a reproduit le geste de provocation déjà effectué la veille, adressant à l’assemblée un salut d’extrême-droite.

L’accusé plaide non-coupable. Le principal point d’interrogation du procès, qui devrait durer 10 semaines, porte sur sa santé mentale. Jugé pénalement irresponsable, il risque l’internement psychiatrique à vie. Responsable, il encourt 21 ans de prison, une peine qui pourra ensuite être prolongée aussi longtemps qu’il sera considéré comme dangereux. (afp/nxp)

Créé: 17.04.2012, 19h24

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Regards sur le procès d'Anders Behring Breivik

Regards sur le procès d'Anders Behring Breivik Le procès d'Anders Behring Breivik s'est déroulée en 2012 à Oslo. Le tueur sanguinaire a été condamné à 21 ans de prison.

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