A l’Assemblée, des novices dont il faut retenir les noms

FranceParmi les élus de la majorité, il y a surtout des nouveaux. Certains devraient faire parler d’eux à l’Assemblée nationale.

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Le week-end du 24 et 25 juin, les élus de La République en marche! (LREM) ont un séminaire de formation. Le parti d’Emmanuel Macron doit instruire à la vitesse grand V l’armée de novices qu’il vient d’envoyer à l’Assemblée nationale. En effet, sur ses 308 députés, peu ont une expérience du Législatif national: il y a les vingt-huit transfuges du PS et des Verts, comme Barbara Pompili (Somme) et François de Rugy (Loire-Atlantique), qui connaissent déjà la musique. En tout et pour tout, ce sont ainsi 434 nouveaux élus (sur 577) qui découvrent le Palais Bourbon depuis lundi. Avec ce renouvellement sans précédent, il y a évidemment des places à prendre à la salle des quatre colonnes – où les députés échangent librement avec la presse – et sur les futurs plateaux de télévision. Alors quels seront les visages de LREM?

Benjamin Grivaux (39 ans) C’est l’homme qui monte chez LREM, hors gouvernement. Porte-parole du mouvement, élu dans la 5e circonscription de Paris, c’est indéniablement l’un des nouveaux visages de la politique française qui sont là pour longtemps. On parle de lui pour la présidence de La République en marche! comme pour la présidence de l’Assemblée nationale… Diplômé de Sciences-Po Paris et de HEC, Benjamin Grivaux vient de la gauche strauss-kahnienne. Il a travaillé de 2012 à 2014 dans le cabinet de Marisol Touraine, ministre de la Santé.

Cédric Villani (43 ans) C’est la star de la société civile qu’Emmanuel Macron met en avant comme un trophée. Il est vrai que ce mathématicien français de 43 ans est lauréat de la Médaille Fields (2010). L’équivalent du Prix Nobel en maths, excusez du peu. Il a été élu dans la 5e circonscription de l’Essonne. Pour sa nouvelle vie, il se mettra en retrait de l’Institut Henri Poincaré, qu’il dirige. Personnage fantasque, il promet d’intégrer l’Assemblée nationale avec sa broche en forme d’araignée qui ne le quitte jamais et sa lavallière. Cette cravate foulard était au XIXe siècle l’apanage des artistes peintres et des intellectuels de gauche.

Sandrine Le Feur (26 ans) La jeune députée du Finistère est agricultrice bio. Membre de la Confédération paysanne (marquée à gauche), elle se dit néanmoins libérale en économie. Créatrice d’un magasin coopératif de vente directe, c’est une adepte des circuits courts. Passionnée de politique depuis toujours, elle a été séduite par «l’ouverture et la vision des choses» d’Emmanuel Macron. Elle fait valoir, avec un discours déterminé, son «engagement à défendre l’intérêt général» et celui des petits bourgs ruraux qu’elle connaît bien.

Typhanie Degois (24 ans) La députée de Savoie, native d’Aix-les-Bains, est la benjamine du groupe LREM. Spécialiste du droit des affaires, cette jeune femme s’apprêtait à passer son brevet d’avocat quand elle s’est lancée dans l’aventure En marche! Typhanie Degois s’est frottée il y a quelques années à l’UDI avant de prendre ses distances. Elle confie venir «d’un milieu où on ne parlait pas politique». Cela risque de changer.

Jean-Michel Fauverge (60 ans) Le désormais élu de Seine-et-Marne est l’autre trophée de la société civile qu’Emmanuel Macron met opportunément en avant. Car son profil est atypique dans cette nouvelle famille politique LREM. Jean-Michel Fauverge, c’est trente-neuf ans dans la police, dont quatre à la tête du RAID, l’unité d’élite de la police nationale. Il a dirigé l’assaut contre l’appartement de Saint-Denis où se trouvait Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur présumé des attentats du 13 novembre 2015. Il dit vouloir «continuer à servir les citoyens».

Bruno Bonnel (58 ans) Le vainqueur de Najat Vallaud-Belkacem dans le Rhône a déjà commencé à faire parler de lui. Son CV d’entrepreneur parfumé (c’est sa passion) de patron social le montre engagé dans les jeux vidéo (Infogrames et Atari) puis dans la robotique. Arnaud Montebourg l’avait déjà repéré en 2013 en lui confiant un plan de reconquête industrielle. Mais selon une enquête de Mediapart, ses sociétés passées auraient usé de l’optimisation fiscale et son patrimoine serait en partie tronqué pour échapper à l’ISF. Gênant pour l’exemplarité!

(TDG)

Créé: 19.06.2017, 20h12

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