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UkraineViolents affrontements à Kiev, Washington menace

Environ 200'000 opposants ont envahi les rues de la capitale ukrainienne Kiev dimanche. Le président Viktor Ianoukovitch tente de mettre fin à la crise politique. Washington brandit la menace de sanctions.

L'opposante Ioulia Timochenko a déclaré dimanche qu'elle n'était pas intéressée par le poste de Premier ministre. (23 février 2014)
L'opposante Ioulia Timochenko a déclaré dimanche qu'elle n'était pas intéressée par le poste de Premier ministre. (23 février 2014)
Keystone
Le clan du président déchu Ianoukovitch (photo) est visé par deux mandats d'arrêts, un contre l'ex-ministre ukrainien des Revenus Oleksander Klimenko et un autre à l'encontre de l'ex-procureur général Viktor Pchonka. (23 février 2014)
Le clan du président déchu Ianoukovitch (photo) est visé par deux mandats d'arrêts, un contre l'ex-ministre ukrainien des Revenus Oleksander Klimenko et un autre à l'encontre de l'ex-procureur général Viktor Pchonka. (23 février 2014)
Keystone
L'opposition annonce préparer une grève générale. (30 novembre 2013)
L'opposition annonce préparer une grève générale. (30 novembre 2013)
Keystone
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De violents affrontements causant des dizaines de blessés ont éclaté dimanche à Kiev lors d'une manifestation de 200'000 opposants pro-européens, conduisant Washington à brandir la menace de sanctions.

Après cette journée, au cours de laquelle plusieurs véhicules ont été incendiées et près de 100 personnes blessées, dont 70 policiers, le président Viktor Ianoukovitch a promis de créer une commission avec des représentants de l'opposition pour mettre fin à la crise politique, a annoncé un dirigeant de l'opposition, Vitali Klitschko, après une rencontre avec le chef de l'Etat.

"Le président s'est engagé à créer lundi matin une commission comprenant des représentants de l'administration présidentielle, du gouvernement et de l'opposition pour trouver une solution à la situation de crise", a déclaré l'ancien boxeur. La présidence a confirmé l'information peu après, précisant que la commission serait créée par le secrétaire du Conseil national de sécurité Andriy Klyuyev et qu'elle tiendrait sa première réunion lundi.

Menaces de sanctions

Washington a appelé à la fin immédiate des affrontements et a brandi la menace d'éventuelles sanctions. "Nous sommes très inquiets par la violence d'aujourd'hui dans les rues de Kiev et nous appelons toutes les parties à une désescalade immédiate de la situation", a déclaré la porte-parole du Conseil national de sécurité Caitlin Hayden. Plus tôt, l'ambassade des Etats-Unis à Kiev avait appelé le gouvernement à engager immédiatement des négociations "avec toutes les parties".

Alors que le rassemblement sur la place de l'Indépendance, aussi baptisée Maïdan, touchait à sa fin, plusieurs centaines de manifestants, certains portant des foulards ou des cagoules et armés de battes de baseball ou de chaînes, ont tenté de franchir un cordon de policiers non loin de la place pour se rendre vers le Parlement et se sont emparés de fourgons de police.

Dans un accès de violence rarement vu depuis le début de la contestation, ils ont mis le feu à deux d'entre eux, ainsi qu'à cinq autobus, et lancé des pierres et des fumigènes mais aussi des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre. Celles-ci ont répondu par du gaz lacrymogène, des grenades assourdissantes et des coups de matraque.

Canons à eau

Près de trois heures après le début des affrontements, la police a employé des canons à eau, par -7°, sans pour autant parvenir à disperser les protestataires, selon des témoins interrogés par l'AFP. La police a démenti avoir fait usage de canons à eau. "Nous resterons jusqu'à la fin", ont scandé les centaines de manifestants engagés dans les affrontements.

Quatre participants aux heurts ont été arrêtés, a indiqué le ministère de l'Intérieur dans la soirée. Selon les services médicaux, 24 personnes ont été blessées et trois hospitalisées. La police a, elle, chiffré à 70 le nombre de ses hommes blessés. Selon le ministère de l'Intérieur, certains de ces derniers ont subi des traumatismes crâniens. L'un d'eux a été attrapé par les protestataires et passé à tabac.

Avant d'aller rencontrer le président, le boxeur et leader de l'opposition Vitali Klitschko a appelé au calme et demandé au chef de l'Etat de "retirer la police". "La violence ne mène à rien sauf au bain de sang", a déclaré aux manifestants Arseni Iatseniouk, responsable du parti de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko, appelant à ne "pas céder aux provocations".

D'abord pacifiquement

Dans l'après-midi, près de 200'000 personnes avaient protesté de manière pacifique sur Maïdan, bravant les nouvelles lois promulguées vendredi par M. Ianoukovitch qui introduisent ou renforcent les sanctions à l'encontre des manifestants.

Des dizaines de personnes portaient sur la tête des casseroles, des passoires ou des boîtes en carton, ou avaient revêtu des masques de carnaval, en signe de dérision face à l'une des nouvelles lois qui punit les personnes manifestant avec un masque ou un casque sur la tête. "Nous déclarons illégale la nouvelle législation adoptée", a déclaré M. Klitschko depuis une scène installée sur la place.

"Le Parlement a perdu sa légitimité, cela signifie que nous devons créer un conseil du peuple parmi les hommes politiques d'opposition", a de son côté dit Arseni Iatseniouk. Les responsables politiques de l'opposition ont toutefois été sifflés par la foule, qui leur reproche de ne pas avoir de plan d'action et de vrai leader.

Essoufflement

Le mouvement de contestation avait réussi à mobiliser des centaines de milliers de personnes en décembre après le refus du président Ianoukovitch de signer un accord d'association avec l'UE au profit d'un rapprochement avec la Russie.

Mais il s'est un peu essoufflé quand Kiev a signé le 17 décembre avec Moscou des accords économiques permettant au pays d'éviter une faillite imminente. L'adoption des nouvelles lois semble avoir mobilisé plus de personnes que lors des dernières manifestations.

Les textes, votés à main levée en plein chaos au Parlement, prévoient des peines de prison de 15 jours pour l'installation non-autorisée de tentes ou d'estrades dans des endroits publics et jusqu'à cinq ans de prison pour les personnes bloquant des bâtiments officiels.

ats/afp

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