L’Europe n’importera plus d’esclaves nord-coréens

DélocalisésLe scandale des ouvriers nord-coréens exploités en Europe est régulièrement dénoncé. Plusieurs pays annoncent y mettre fin.

Photo d'illustration. Statue de Kim Il Sung, à Pyongyang.

Photo d'illustration. Statue de Kim Il Sung, à Pyongyang. Image: N. Righetti/Rezo

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Alors que Kim Jong-un fait lancer des missiles comme on tire des feux d’artifice, trois pays de l’Union européenne mettent de l’ordre dans un scandale dénoncé de longue date. La Bulgarie, la République tchèque et la Roumanie viennent d’annoncer qu'elles ne feront plus venir sur leur sol des travailleurs nord-coréens. L’information a été donnée par l’ambassade bulgare à Séoul, puis relayée par l’agence de presse sud-coréenne Yonhap.

En 2015, l’Alliance européenne pour les droits humains en Corée du Nord (EAHRNK), une ONG britannique, avait estimé que Pyongyang fait travailler quelque 50 000 de ses ressortissants à l’extérieur du pays, essentiellement en Chine et en Russie, mais aussi dans les pays du Golfe, en Afrique, ainsi qu’en Europe. Plusieurs centaines voire quelques milliers de ces ouvriers ont été repérés ces dernières années dans les pays de l’Est, mais aussi aux Pays-Bas et à Malte. Ces petites mains œuvrent souvent dans la construction, l’industrie textile, ou encore dans l’agriculture. Or les conditions dans lesquelles ces travailleurs ont été délocalisés par la Corée du Nord, un pays qui pratique le travail forcé, pose évidemment quelques questions. Elles portent sur les libertés dont disposent ces travailleurs, sur leurs conditions de travail et bien entendu sur la manière dont ils sont rémunérés. Selon l’ONG britannique, c’est l’Etat nord-coréen qui gère directement les contrats. Une enquête du magazine Vice en 2016 avait montré par exemple que des firmes qui ont employé des travailleurs nord-coréens en Pologne entre 2010 et 2016 avaient été fournies en main-d’œuvre par une entité militaire du régime nord-coréen. Un ouvrier avait expliqué qu’il ne toucherait son salaire qu’une fois rentré au pays. Une pratique que confirme EAHRNK. L’Etat perçoit en outre des taxes sur la paie, celle qui va au Parti des travailleurs nord-coréens et l’impôt de «fidélité à la famille Kim», selon l’ONG. La manne de ce business rapporterait au régime 150 à 230 millions de dollars par an, selon des sources sud-coréennes.

La Bulgarie, la République tchèque et la Roumanie se sont donc engagées à mettre fin à ces pratiques, alors que le Parlement européen s’était penché sur la question l’an dernier. Voilà donc un débouché en moins pour la Corée du Nord, mais d’autres se portent bien, à en croire Radio Free Asia, une antenne financée par les Etats-Unis: Pyongyang négocierait en ce moment un accord avec Moscou pour intensifier l'envoi de main-d’œuvre en Russie. Une rencontre se serait tenue à ce sujet à Pyongyang, vendredi dernier.

(TDG)

Créé: 31.05.2017, 13h10

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