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CoronavirusPlus de 40'000 morts dans le monde

La pandémie continuait à tuer, mercredi. L'Italie a franchi le cap des 12'000 victimes. L'Espagne et les Etats-Unis souffrent aussi.

Coronavirus: minute de silence en Italie.

La pandémie de coronavirus continue ses ravages sur une planète pourtant largement confinée: l'Espagne, la France et le Royaume-Uni ont battu mardi leurs sombres records de décès journaliers, pendant qu'aux États-Unis New York se métamorphose avec des hôpitaux de campagne installés jusque dans le célèbre Central Park.

Les États-Unis ont dépassé mardi la Chine en nombre de décès, avec plus de 3600 morts, selon l'université Johns Hopkins, soit un chiffre supérieur au bilan officiel chinois (3305). Mais de nombreux experts estiment ce bilan largement sous-estimé. Ils se basent notamment sur le nombre élevé d'urnes funéraires que les familles ont commencé à récupérer en Chine, maintenant que les habitants de Wuhan, berceau du coronavirus, peuvent enfin sortir de chez eux pour enterrer leurs morts.

Le bilan mondial de l'épidémie s'est encore alourdi mardi, avec plus de 40'000 morts sur la planète, selon un comptage de l'AFP. Depuis le début de la pandémie, 803'645 cas ont été officiellement déclarés dans le monde, dont plus de la moitié en Europe (440'928), 172'071 aux États-Unis et au Canada et 108'421 en Asie (3882 décès).

Course contre la montre

Aux États-Unis, c'est la mobilisation générale: près des trois-quarts des Américains vivent désormais confinés, d'une manière plus ou moins stricte. New York a engagé une course contre la montre pour augmenter sa capacité hospitalière avant le pic de l'épidémie, attendu d'ici «sept à 21 jours», selon le gouverneur Andrew Cuomo. À Manhattan, des hôpitaux provisoires ont été érigés dans un centre de conférences et sous des tentes dans Central Park. Le centre sportif de Flushing Meadows suivra bientôt.

Des médecins new-yorkais s'inquiètent d'une possible pénurie de respirateurs artificiels. «S'il y a un afflux et que vous n'avez qu'un nombre limité de respirateurs, vous ne pouvez pas (aider) tout le monde», redoute Shamit Patel, 46 ans.

L'épidémie s'est aussi déclarée à bord du porte-avions américain Theodore Roosevelt, amarré dans l'île de Guam, poussant son commandant à demander l'autorisation de débarquer et confiner tout son équipage. «Nous ne sommes pas en guerre. Il n'y a aucune raison que des marins meurent», a écrit le capitaine de vaisseau Brett Crozier.

Craintes en Espagne

Deuxième pays le plus endeuillé au monde avec 8189 décès, l'Espagne a interdit les cérémonies funéraires, limitant à trois le nombre de participants à un enterrement. La grande crainte des autorités espagnoles reste de voir submergées les unités de soins intensifs qui travaillent déjà à la limite de leurs capacités.

En Chine, à Wuhan, où le confinement est progressivement levé, les premiers pas en plein air des habitants sont consacrés à déposer sur les tombes de pierre les urnes contenant les cendres de leurs proches. Dans cette ville de 11 millions d'habitants, plus de 2500 personnes sont officiellement mortes du Covid-19.

Ailleurs, on guette fébrilement le pic du taux de mortalité, annonciateur d'un reflux et d'un désengorgement des services de réanimation. En Italie, pays qui enregistre le plus grand nombre de décès, le confinement commence à produire des résultats encourageants, après trois semaines. «Nous pouvons espérer atteindre le pic dans sept ou dix jours, puis, raisonnablement, une décrue de la contagion», a déclaré le vice-ministre de la Santé, Pierpaolo Sileri.

Près de 500 patients sont morts du coronavirus dans les hôpitaux français ces 24 dernières heures, soit une nouvelle hausse record en nombre depuis le début de l'épidémie, qui porte le bilan total à 3523 morts.

Le Royaume-Uni a enregistré 381 morts supplémentaires en une journée mardi, un record marquant une accélération de la propagation de la pandémie et portant son bilan à 1789 morts.

Les soignants en première ligne

En Italie, comme dans de nombreux autres pays, les soignants repoussent les limites de la fatigue et de l'abnégation. Ester Piccinini, 27 ans, infirmière dans un hôpital de Bergame, témoigne: «Le matin, quand j'arrive dans le service, je fais le signe de croix en espérant que tout ira bien. Pas vraiment pour moi (...) vu que je suis protégée. Mais j'espère que tout ira bien pour les patients». «Quand un patient est transféré en soins intensifs, cela signifie que sa situation est critique», dit-elle. «Nous essayons de les rassurer. Une caresse a plus de valeur que les mots».

Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20 qui se sont réunis mardi par visio-conférence ont promis d'aider les pays pauvres à supporter le fardeau de leur dette et d'assister les marchés émergents.

Région la plus touchée par la pandémie, l'Europe a toutefois affiché sa solidarité, en livrant du matériel médical à l'Iran, dans le cadre du mécanisme de troc Instex permettant de contourner les sanctions américaines. L'Iran est durement frappé par le coronavirus, qui y a fait officiellement 2898 morts.

«Des enfants à nourrir»

Pour freiner la propagation de la pandémie, plus de 3,6 milliards de personnes, soit 46,5% de la population mondiale, sont appelées ou contraintes par leurs autorités à rester chez elles.

Le porte-parole du Kremlin a indiqué que le président russe se faisait dépister régulièrement et que «tout est normal», après l'annonce que le médecin-chef du principal hôpital moscovite traitant les malades du coronavirus, qui avait rencontré Vladimir Poutine la semaine dernière, a été infecté.

L'Indonésie a déclaré mardi l'état d'urgence mais pas de confinement généralisé, malgré les appels pressants dans ce pays qui compte la quatrième plus grande population au monde.

À l'inverse, Lagos, la capitale économique du Nigeria d'ordinaire bouillonnante, s'est réveillée mardi dans un silence assourdissant. Sur l'autoroute qui relie Lagos à Abeokuta, des enfants se sont accaparés les triples voies ordinairement bondées pour jouer au football. Le confinement, un pari aussi ambitieux que risqué semblait accepté dans une grande partie de la tentaculaire mégalopole de 20 millions d'habitants.

Mais dans les zones les plus pauvres, la colère gronde déjà. «Vous savez, au Nigeria, déjà quand on travaille, on a faim», interpelle Samuel Agber, réparateur de climatisation. «Alors imaginez si on ne travaille pas!».

Comme en écho, une vieille femme qui fait la queue pour obtenir les aides sociales dans un township de Port Elizabeth, en Afrique du sud, s'indigne: «On s'en fout de ce virus, on a des enfants et des petits-enfants à nourrir!».

AFP

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