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France-TurquieErdogan s'en prend à un journaliste de France 2

Le président turc n'a pas apprécié une question sur la livraison supposée d'armes par Ankara à l'EI en Syrie, en 2014. Il s'exprimait lors de sa visite à Paris.

Écoutez comment #Erdogan met ce journaliste français en PLS, on dirait un prof qui corrige le dernier de la classe après une question stupide : "tu ne parles pas comme un journaliste." pic.twitter.com/e8jLB4X5nI— Salem Rami (@Jeru_Saleem) 5 janvier 2018

Le journaliste, travaillant pour le magazine «Envoyé spécial» de la chaîne de télévision France 2, a interrogé le président Recep Tayyip Erdogan sur l'interception en janvier 2014, révélée en mai 2015, de camions appartenant aux services secrets turcs (MIT) et transportant supposément des armes destinées à l'EI.

Gülen accusé de machination

Lorsque cette affaire avait éclaté en Turquie, Ankara l'avait qualifiée de machination fomentée par Fethullah Gülen, un prédicateur installé aux Etats-Unis, ancien allié d'Erdogan devenu sa bête noire.

C'est également à M. Gülen et à ce que le gouvernement turc appelle «l'Organisation terroriste des partisans de Fethullah» (FETO), qu'Ankara impute le putsch manqué de juillet 2016, accusation que rejette catégoriquement M. Gülen.

«Tu parles avec les mots de FETO»

«Tu parles avec les mots de FETO, pas comme un journaliste», s'est énervé M. Erdogan, qui s'exprimait au cours d'une conférence de presse avec son homologue français Emmanuel Macron avec qui il s'est entretenu dans l'après-midi. «Ceux qui ont fait ces opérations étaient des procureurs de FETO, maintenant ils sont en prison.»

La Turquie a lancé de vastes purges depuis le putsch manqué, arrêtant plus de 55'000 personnes et en limogeant ou suspendant plus de 144'000.

«Pourquoi tu n'interroges pas les Etats-Unis?»

«Tu me poses cette question, mais pourquoi tu n'interroges pas les Etats-Unis qui ont envoyé 4000 camions d'armes en Syrie ?», a-t-il poursuivi. La Turquie critique régulièrement la livraison d'armes par Washington à des milices kurdes en Syrie qu'Ankara considère comme terroristes.

«Tu es journaliste, non ? Tu aurais dû enquêter là-dessus aussi», a ajouté M. Erdogan, mettant en garde: «Vous n'avez pas face à vous quelqu'un qui va avaler ça facilement».

Au cours de cette visite à Paris, la plus importante du président turc dans un pays de l'UE depuis le putsch manqué de 2016, la question de la liberté de la presse a été abordée par M. Macron qui a appelé son homologue turc à «respecter l'Etat de droit». La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement de la liberté de la presse établi par l'ONG Reporters sans frontières (RSF).

Adhésion à l'UE: la Turquie «fatiguée»

Sur la question européenne, la Turquie est «fatiguée» d'attendre une éventuelle adhésion, a déclaré Recep Tayyip Erdogan après sa rencontre avec Emmanuel Macron. Celui-ci a estimé que la situation est bloquée.

«On ne peut pas en permanence implorer une entrée dans l'UE», a déclaré devant la presse M. Erdogan à l'issue de sa rencontre avec Emmanuel Macron, alors que le dossier est embourbé depuis plusieurs décennies.

Emmanuel Macron a lui déclaré que, «pour ce qui est de la relation avec l'Union européenne, il est clair que les évolutions récentes et les choix ne permettent aucune avancée du processus engagé», a-t-il dit lors de leur conférence de presse commune. Le président français a proposé à la Turquie un «partenariat avec l'UE, à défaut d'une adhésion, afin de préserver «l'ancrage» de ce pays en Europe.

«Respecter l'Etat de droit»

«Il faut (...) regarder si on ne peut pas repenser cette relation non pas dans le cadre du processus d'intégration mais peut-être d'une coopération, d'un partenariat avec une finalité (...) c'est de préserver l'ancrage de la Turquie et du peuple turc dans l'Europe et de faire que son avenir se construise en regardant l'Europe et avec l'Europe», a-t-il déclaré.

M. Macron a encore appelé son homologue turc à «respecter l'Etat de droit» sur la question de l'incarcération de certains journalistes turcs en Turquie. Les «démocraties doivent complètement respecter l'Etat de droit», a -t-il encore dit, ajoutant que les deux hommes avaient abordé une liste de cas individuels au cours de leur entretien.

afp/ats

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