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Erdogan parle d'Idleb avec Poutine et Rohani

Un sommet axé sur la Syrie a réuni lundi à Ankara les présidents turc, russe et iranien pour stopper la guerre en Syrie.

La défense aérienne syrienne a fait face à des missiles israéliens dans le Sud et le Centre de la Syrie. (Jeudi 5 mars 2020)
La défense aérienne syrienne a fait face à des missiles israéliens dans le Sud et le Centre de la Syrie. (Jeudi 5 mars 2020)
AFP
Les frappes russes ont notamment touché le village de Qaminas, au sud de la ville d'Idleb. (Lundi 24 février 2020)
Les frappes russes ont notamment touché le village de Qaminas, au sud de la ville d'Idleb. (Lundi 24 février 2020)
AFP
De Londres, la première ministre britannique Theresa May a affirmé qu'il n'y avait «pas d'alternative à l'usage de la force», assurant que «tous les recours diplomatiques» avaient été explorés, en vain.
De Londres, la première ministre britannique Theresa May a affirmé qu'il n'y avait «pas d'alternative à l'usage de la force», assurant que «tous les recours diplomatiques» avaient été explorés, en vain.
Keystone
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La Turquie, la Russie et l'Iran se sont engagés lundi à éviter une nouvelle détérioration de la situation humanitaire dans le bastion rebelle d'Idleb (nord-ouest de la Syrie) et d'y protéger la population civile. Ces promesses ont figuré dans un communiqué conjoint publié à l'issue d'un sommet à Ankara.

Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan, russe Vladimir Poutine et iranien Hassan Rohani y soulignent «la nécessité de faire respecter le calme sur le terrain avec la pleine mise en oeuvre de tous les accords relatifs à Idleb», notamment celui conclu il y a un an par Ankara et Moscou. Cet accord a permis d'éviter une vaste offensive qui semblait imminente des forces du régime appuyées par la Russie.

Les trois dirigeants se sont en outre dits «alarmés par le risque d'une nouvelle détérioration de la situation humanitaire dans la région d'Idleb en raison de l'escalade continue». Ils se sont mis d'accord pour «prendre des mesures concrètes afin de réduire les violations».

«Eliminer» le HTS

Ils ont en outre exprimé leur «sérieuse préoccupation» face à la «présence accrue» du groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, et ont «réitéré leur détermination» à l'éliminer à terme.

Ils ont aussi convenu «de prendre des mesures concrètes, sur la base des précédents accords, pour assurer la protection de la population civile». Il s'agit du cinquième sommet sur la Syrie depuis 2017 entre Recep Tayyip Erdogan, dont le pays soutient l'opposition syrienne, et MM. Poutine et Rohani, garants du régime de Damas.

«La rencontre a été très productive et s'est soldée d'un succès», s'est félicité Vladimir Poutine qui avait souligné en ouverture la nécessité de poursuivre «une lutte sans compromis contre les terroristes en Syrie».

Afflux massif de réfugiés

Au moment où la victoire de Bachar el-Assad semble de plus en plus acquise, la priorité pour Ankara est de se prémunir d'un nouvel afflux massif de réfugiés en provenance d'Idleb. Malgré des appels à un cessez-le-feu durable, cette zone, où vivent environ trois millions de personnes, est sous le coup d'une offensive du régime syrien.

Des frappes sporadiques se poursuivent à Idleb, malgré un fragile cessez-le-feu décrété le 31 août, à l'issue de quatre mois de bombardements du régime et de l'allié russe qui ont tué plus de 960 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le sommet a eu lieu alors qu'Ankara et Washington s'efforcent de créer une zone tampon à l'est de l'Euphrate qui séparerait la frontière turque des zones syriennes contrôlées par une milice kurde, appuyée par les Etats-Unis mais considérée comme «terroriste» par la Turquie.

L'un des objectifs de cette «zone de sécurité» pour Ankara est de pouvoir y renvoyer une partie des plus de 3,6 millions de réfugiés syriens installés en Turquie. Recep Tayyip Erdogan a affirmé lundi que la Turquie mettrait unilatéralement une telle zone en place en cas de désaccord avec Washington.

Comité constitutionnel à Genève

Le communiqué final a aussi fait part d'une avancée majeure sur la création d'un comité chargé de la rédaction de la constitution pour l'après-guerre en Syrie avec un accord sur la composition de ses membres. Ce comité constitutionnel doit se mettre au travail prochainement à Genève.

Le régime a reconquis environ 60% du territoire syrien avec l'appui militaire de Moscou, de l'Iran et du Hezbollah libanais. Outre le secteur d'Idleb, les vastes régions aux mains des forces kurdes lui échappent dans l'est du pays.

(ats)

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