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Dans l’enfer des prisons pour migrants africains

Victimes absolues du chaos libyen, les clandestins n’en peuvent plus. Ils rêvent de traverser la Grande Bleue, au risque de leur vie.

L’odeur âcre prend à la gorge. Un mélange d’urine, de sueur, d’eaux usées et de nourriture moisie. Le centre de détention pour migrants illégaux de Zawya, à quarante-cinq minutes à l’ouest de Tripoli, ne peut que marquer les esprits. Les 420 détenus ont été rassemblés dans la cour et profitent de quelques rayons de soleil. «C’est exceptionnel, c’est à cause de vous. D’habitude on reste enfermés toute la journée dans les dortoirs», affirme le Guinéen Bouna Camara qui se plaint de ne pas manger assez et d’être frappé par les gardes.

Les dortoirs sont en fait d’immenses pièces où s’entassent des matelas, ou à défaut des tapis. Les toilettes, constituées d’un trou et d’une arrivée d’eau, sont séparées de la pièce par un rideau en plastique ou une couverture. A 25 ans, Bouna Camara envie les migrants qui tentent de traverser la Méditerranée sur des embarcations de misère pour rejoindre l’Europe.

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