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SyrieDes enfants ouvrent la voie aux adultes pour fuir

Bloquées par Daech dans certains quartiers de Raqqa, des familles ont réussi à s'échapper grâce au courage des plus jeunes.

Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)
Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)
Keystone
L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)
L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)
Keystone
Le groupe État islamique (EI) a repris vendredi un quartier du sud-est de la ville de Raqqa, son bastion en Syrie, près de trois semaines après l'avoir perdu. (Vendredi 20 juin 2017)
Le groupe État islamique (EI) a repris vendredi un quartier du sud-est de la ville de Raqqa, son bastion en Syrie, près de trois semaines après l'avoir perdu. (Vendredi 20 juin 2017)
AFP
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A Raqqa, des enfants sont sortis timidement dans la rue dans un quartier encore tenu par l'Etat islamique (EI). Voyant au loin des hommes armés leur adressant un signe amical, ils ont convaincu leurs parents que la voie était libre pour fuir.

Ahmad Chaabo, un des 20 civils parvenus à s'échapper mardi d'un quartier de Raqqa, raconte comment grâce aux enfants, lui et d'autres ont évité la mort au milieu des combats opposant l'EI aux forces démocratiques syriennes (FDS), qui tentent de s'emparer de cette place forte des djihadistes avec le soutien des Etats-Unis.

«Nous étions complètement assiégés et les djihadistes ne nous laissaient pas sortir», raconte Ahmad, 35 ans, assis sur un trottoir, sa petite fille dans les bras. «Dès que l'on pointait le bout du nez dehors, les tireurs embusqués nous guettaient. Ils m'ont tiré dessus une fois, alors que je cherchais de l'eau avec des amis», se souvient-il.

Bloqués à al-Dariya, quartier de l'ouest de la ville, Ahmad et les autres civils savaient mardi que les FDS étaient proches, à la lisière de ce secteur.

Exténués

«Les enfants sont allés inspecter la rue pour voir s'il y avait moyen de sortir. Ils (les combattants des FDS) les ont vus et les ont hélés», poursuit encore Ahmad, pourtant un foulard noir autour du cou.

«Un enfant est revenu ensuite vers nous pour nous dire que l'on pouvait sortir», dit-il. Heureusement pour lui et ses voisins, aucun djihadiste n'était en vue.

A ses côtés, des femmes, des enfants et des hommes âgés, ont l'air exténué. Certaines mères de famille ont les yeux embués de larmes, le visage marqué par l'angoisse, même si les rescapés sont soulagés d'avoir échappé au pire.

Des femmes portent des abayas colorées, contrairement à celles noires imposées par l'EI dans les territoires qu'il contrôle en Syrie et en Irak.

Entrées le 6 juin dans la «capitale» de l'EI en Syrie, les FDS ont capturé jusqu'à présent 25% de Raqqa et tentent d'assiéger le centre-ville. Pour y arriver, elles doivent prendre les quartiers aux alentours, comme celui d'al-Dariya.

Pénurie

Le centre-ville sera la bataille la plus rude et la plus risquée, car c'est là où se concentrent le plus grand nombre d'habitants et de djihadistes.

La bataille de Raqqa est la plus emblématique pour les FDS, qui sont engagées dans des combats contre les djihadistes depuis des mois avec l'appui de la coalition internationale dirigée par Washington tant sur le plan aérien, qu'avec des conseillers, des armes et de l'équipement.

Les civils encore pris au piège souffrent de pénuries d'électricité, de nourriture et surtout d'eau. «On cherchait de l'eau dans d'autres maisons», raconte Ahmad.

A la lisière d'al-Dariya, à l'intérieur d'un bâtiment, un tireur embusqué des FDS tire avec son arme automatique à travers un trou dans le mur. L'immeuble donne sur un paysage de bâtiments aux toits effondrés, avec de la fumée qui s'élève dans le ciel. Au loin, on peut repérer deux corps dans une rue.

La progression des FDS est lente depuis une semaine, car non seulement les djihadistes prennent les civils en otage, selon les FDS, mais en plus l'EI est en train de contre-attaquer pour défendre son fief.

«Plus on progresse dans la ville, plus leurs attaques augmentent, avec des voitures piégées, des 'snipers' et des armes lourdes», explique Zana Kobane, un commandant des FDS.

(ats)

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