Emmanuel Macron fait la promo de son grand débat

FranceLe président français publiera lundi la «lettre aux Français» dans laquelle il expliquera les finalités du débat.

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A la veille d'une nouvelle mobilisation des «gilets jaunes», Emmanuel Macron a appelé vendredi les Français à se saisir de «la très grande opportunité» que représente le grand débat, tout en s'attirant des critiques après une sortie sur «le sens de l'effort».

Cette consultation «est un moment essentiel et très utile pour notre pays», a déclaré le président, qui publiera lundi la «lettre aux Français» dans laquelle il expliquera les finalités du débat. «C'est une très grande opportunité. Il faut que chacun la prenne, avec la part de responsabilité, de risque et d'inconnu», a-t-il ajouté en marge de la traditionnelle galette des rois de l'Élysée.

Faisant l'éloge de l'apprentissage, le chef de l'État a loué à cette même occasion «le sens de l'effort» en estimant que «les troubles que notre société traverse sont parfois dus au fait que beaucoup trop de nos concitoyens pensent qu'on peut obtenir» quelque chose «sans que cet effort soit apporté».

Provocation, selon l'opposition

L'opposition a aussitôt accusé de provocation M. Macron, déjà critiqué par le passé pour ses «petites phrases» jugées méprisantes. «En cette période où la priorité est le retour à la sérénité, le président doit lui avoir le sens des responsabilités et ne pas provoquer davantage de tensions», a estimé sur Twitter le président des Républicains Laurent Wauquiez.

«Il y a la galette des rois, là c'est la boulette du roi», a raillé sur BFMTV le député Insoumis Alexis Corbière, en estimant que M. Macron «sous-entend que les gens qui sont dans la rue, qui soutiennent les gilets jaunes , ne font pas assez d'efforts».

Emmanuel Macron donnera mardi le coup d'envoi du grand débat dans la petite commune de Grand Bourgtheroulde (Eure) où il dialoguera avec environ 600 maires et élus de Normandie durant trois heures.

Le président aura fort à faire pour convaincre des Français, jusqu'à présent très sceptiques: 77% d'entre eux pensent que le débat ne sera pas mené «de façon indépendante du pouvoir» et 70% s'attendent à ce qu'il ne soit pas utile pour le pays, selon un sondage paru vendredi.

Les modalités de cette consultation inédite en France doivent être dévoilées lundi par le Premier ministre Édouard Philippe qui a réuni vendredi à Matignon une grande partie des responsables syndicaux, sans donner de précisions sur l'organisation du débat.

Après le retrait de son organisatrice initiale, la Commission nationale du débat public, l'urgence est de trouver des «garants incontestables», qui devront assurer «l'indépendance» et «la neutralité» de la consultation, selon lui.

Reprendre la main

L'exécutif a fait de cette consultation sa priorité des premiers mois de l'année, y voyant la porte de sortie de la crise sociale, mais aussi la possibilité de reprendre politiquement la main. L'enjeu est de taille, au moment où la défiance vis-à-vis des institutions politiques et des acteurs de la vie démocratique, au premier chef Emmanuel Macron, est au plus haut, selon le baromètre annuel du Cevipof.

Mais, pour le gouvernement, il n'est pas question que «ce débat tourne au grand déballage». Il a donc fixé quatre thèmes de discussion autour du pouvoir d'achat, de la fiscalité, de la démocratie et de l'environnement. Est ainsi exclue toute remise en cause de l'IVG, la peine de mort et le mariage pour tous.

«Ce qui revient le plus dans la bouche de mes administrés, c'est la question de la justice fiscale avec le rétablissement de l'ISF, le pouvoir d'achat des retraités et les questions de mobilité», a relevé le maire de Grand Bourgtheroulde, Vincent Martin.

«Risque politique»

«Ce débat est un risque politique pour le président, à la hauteur de la crise que connaît le pays», souligne l'entourage de M. Macron. D'ici la mi-mars, il a prévu de participer à une dizaine de débats avec les maires des 13 régions, dont le deuxième est prévu le 18 janvier à Souillac (Lot).

Ces déplacements se tiendront sous haute sécurité, car «la période est éruptive», souligne l'Élysée. Ces derniers jours, plusieurs ministres, comme Jean-Michel Blanquer et Sébastien Lecornu, ont été pris à partie avec virulence par des «gilets jaunes».

Le maire (sans étiquette) de Souillac, Jean-Michel Sanfourche, s'est dit «très heureux d'accueillir le président de la République, mais également très inquiet des possibles actions des gilets jaunes», faisant part de «nombreux appels sur les réseaux sociaux à bloquer d'importants ronds-points et routes». (afp/nxp)

Créé: 11.01.2019, 22h55

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