Comment Elon Musk propulse la conquête spatiale

AstronautiqueSpaceX a lancé avec succès «la fusée la plus puissante du monde». Pour s’imposer sur le marché? Ou poser le pied sur Mars?

Image: Keystone

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Kitsch garanti: un mannequin habillé en cosmonaute, au volant d’une Tesla rouge, apparaît devant la planète bleue. On dirait un photomontage publicitaire vantant à la fois la marque de voitures électriques d’Elon Musk et sa firme d’astronautique SpaceX. Mais l’image a bel et bien été prise dans l’espace mardi soir, suite au lancement depuis cap Canaveral, en Floride, de la fusée «la plus puissante du monde», baptisée Falcon Heavy.

«C’est un peu idiot et fun. Mais les choses idiotes et fun sont importantes», assurait ce mercredi un Elon Musk fou de joie après ce lancement qui bouscule le marché spatial. Avec ses 27 moteurs Merlin, la superfusée Falcon Heavy peut transporter deux fois plus de charge utile que la fusée Delta IV Heavy de l’armée étasunienne. Et cela, «à un tiers du prix», affirme SpaceX.

Boosters réutilisables

Son secret? Des lanceurs réutilisables: les trois boosters de la fusée, des Falcon 9, sont conçus pour revenir se poser sur la terre ferme dans les minutes suivant le décollage. Mardi soir, deux des trois ont ainsi atterri sur leurs pieds quasi simultanément. Le dernier, par contre, n’a pas pu se poser sur la barge qui devait l’accueillir, il a sombré dans l’océan. Peu importe: l’exploit bouscule les milieux de l’astronautique.

Depuis 2010, les Falcon 9 de SpaceX ont mis en orbite nombre de satellites et assuré des vols de ravitaillement pour les équipes en poste sur la Station spatiale internationale (ISS). L’an dernier, l’entreprise a effectué dix-huit missions et réussi à récupérer quatorze boosters, dont cinq ont à nouveau été envoyés dans l’espace. En ce qui concerne la superfusée Falcon Heavy, des vols ont déjà été réservés par Arabsat, compagnie de communications saoudienne, mais aussi par la US Air Force. Malgré tout, la demande pour un méga­transporteur risque d’être moins grande qu’espéré. Mais l’essentiel est peut-être ailleurs…

Objectif: Mars!

«L’aventure des vols habités vers Mars a bel et bien commencé ce mardi soir», s’enthousiasme sur son blog Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland. Une telle exploration était impossible sans lanceurs lourds, note-t-il, «et l’on sait que tout ce que fait Elon Musk, il le fait en perspective d’aller un jour sur Mars, aussitôt que possible (vols d’essai en 2022 et vol réel en 2024)»! Le fondateur de SpaceX a en effet annoncé qu’il développe à présent la Big Falcon Rocket – qu’il a surnommée «Big Fucking Rocket» (putain de grosse fusée) – capable de transporter des passagers dans un avenir pas trop lointain. SpaceX se place ainsi en tête de course, loin devant les autres pionniers de l’astronautique privée, dont Blue Origin de Jeffrey Bezos, le fondateur d’Amazon.

Se passer des Russes

Mauvaise nouvelle pour la NASA et pour l’Agence spatiale européenne? Pas forcément. Les États-Unis pourront peut-être se passer, à l’avenir, de la fusée russe Soyouz.

Créé: 07.02.2018, 18h08

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