«Dreamers»: Trump rejette le texte de compromis

Etats-Unis Le président américain a annoncé qu'il ne signerait pas une proposition de loi du Congrès visant à protéger les immigrés clandestins arrivés mineurs aux USA.

«Je ne signerais certainement pas la plus modérée», a déclaré Donald Trump à propos des propositions de loi.

«Je ne signerais certainement pas la plus modérée», a déclaré Donald Trump à propos des propositions de loi. Image: AFP

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Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi qu'il ne promulguerait pas un texte de compromis sur l'immigration actuellement en débat au Congrès. Le projet vise notamment à mettre fin à l'incertitude dans laquelle ont été plongés les «Dreamers».

Visa de six ans renouvelable

Cette proposition de loi permettrait à ces jeunes migrants clandestins, arrivés aux Etats-Unis quand ils étaient mineurs, de demander un visa de six ans renouvelable et de postuler dans la sixième année pour l'octroi d'une carte verte qui pourrait leur ouvrir la porte vers la citoyenneté.

Le texte consulté par Reuters interdit aussi de séparer les enfants de leurs parents lorsqu'ils sont arrêtés après être entrés illégalement aux Etats-Unis, tout en prévoyant le déblocage de 25 milliards de dollars pour renforcer la sécurité le long de la frontière avec le Mexique, y compris en finançant en partie le mur souhaité par Donald Trump.

Une autre proposition, d'origine exclusivement républicaine, prévoit une réduction drastique de l'immigration légale, la construction du mur à la frontière avec le Mexique et exclut que les «Dreamers» puissent accéder à la citoyenneté américaine.

Vote la semaine prochaine?

«Je regarde les deux. Je ne signerais certainement pas la plus modérée», a dit Donald Trump lors d'une interview accordée à la chaîne Fox News devant la Maison Blanche. «J'ai besoin d'un projet de loi qui donne à ce pays une formidable sécurité aux frontières. Je dois avoir cela».

La Chambre des représentants recherche en vain à parvenir à un compromis sur la politique migratoire depuis que Donald Trump a dénoncé la Deferred Action for Childhood Arrivals (DACA), la loi adoptée en 2012 à l'initiative de Barack Obama pour protéger les «Dreamers» de l'expulsion. Le président américain avait initialement demandé au Congrès de voter un nouveau texte avant le 5 mars. Le nouveau texte de compromis devait être présenté vendredi et pourrait être soumis au vote des représentants la semaine prochaine.

L'administration Trump a révélé pour la première fois vendredi l'impact de sa nouvelle politique de tolérance zéro à la frontière avec le Mexique, où 2.000 enfants ont été séparés depuis mi-avril de leurs parents arrêtés pour être entrés illégalement aux Etats-Unis. «Cette administration a dit clairement que nous n'allions plus ignorer la loi», a justifié un responsable du ministère de la Sécurité intérieure en présentant ces chiffres alors que le scandale enfle aux Etats-Unis, provoquant le malaise jusque dans les rangs républicains et l'indignation des démocrates et de puissants dirigeants religieux.

Le réseau de centres de rétention pour mineurs débordé

Entre le 19 avril et le 31 mai, 1995 mineurs ont été séparés de 1940 adultes interpellés et détenus par la police des frontières dans l'attente de poursuites, ont expliqué les ministères de la Sécurité intérieure et de la Justice lors d'une conférence téléphonique.

Fuyant en majorité l'Amérique centrale et sa violence endémique, des familles de migrants sont séparées depuis au moins octobre 2017 aux Etats-Unis. Nombre d'entre elles étaient venues demander l'asile, d'après l'opposition démocrate qui dénonce depuis des jours le manque de transparence sur cette question.

Mais le rythme s'est nettement accéléré depuis début mai, lorsque le ministre américain de la Justice, Jeff Sessions, a dit que tous les migrants passant illégalement la frontière seraient arrêtés, accompagnés de mineurs ou pas. Or les enfants ne peuvent être envoyés dans la prison où sont détenus leurs proches, martèle-t-il, ce qui conduit aux séparations. Le réseau existant d'une centaine de centres de rétention pour mineurs, qu'ils aient tenté de franchir seuls la frontière ou aient été séparés de leurs parents, commence à être débordé. (ats/nxp)

Créé: 15.06.2018, 21h37

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