Trump contre l’immigration illégale en barricadant le pays

Etats-Unis Le président des Etats-Unis a signé mercredi un décret ordonnant la construction d’un mur le long de la frontière avec le Mexique.

Pour Donald Trump, le mur est le symbole de sa campagne pour la Maison-Blanche.

Pour Donald Trump, le mur est le symbole de sa campagne pour la Maison-Blanche. Image: Reuters

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L’Amérique de Donald Trump se barricade. Le nouveau président des Etats-Unis a signé hier un décret ordonnant la construction d’un mur le long des 3201 kilomètres de frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Washington a déjà dépensé plus de 7 milliards de dollars pour ériger une barrière de 1050 kilomètres dont les bienfaits sont vivement débattus outre-Atlantique. Pour Donald Trump, le mur est le symbole de sa campagne pour la Maison-Blanche. Il doit aussi être le remède à une immigration illégale en provenance du Mexique et des pays d’Amérique centrale. «La construction d’une barrière n’est pas une promesse de campagne», a assuré Sean Spicer, le porte-parole de la Maison-Blanche. «C’est une question de bon sens et la première étape pour renforcer la sécurité de notre frontière poreuse.»

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Parallèlement, le nouveau président des Etats-Unis a ordonné d’accélérer les renvois de sans-papiers et d’engager 5000 gardes-frontière supplémentaires. Dans un second décret, il a affirmé son intention de punir les «villes sanctuaires». Ces localités protègent les sans-papiers des renvois en refusant de les dénoncer aux autorités fédérales américaines, qui sont les seules à pouvoir les expulser. Le président Trump demande de geler l’allocation de subventions fédérales aux villes qui ont annoncé leur intention de lui tenir tête.

Se cacher pour rester

Au Texas, dans une zone frontalière avec le Mexique, l’initiative de Donald Trump a eu un effet contrasté. Maria Romero, une mère de famille originaire du Mexique qui a immigré aux Etats-Unis de manière illégale en 1999, fait part de son inquiétude et de sa nécessité de se cacher à nouveau: «Nous allons limiter nos trajets», explique-t-elle. «Je ne sortirai de la maison que pour aller travailler et faire mes courses. Mais nous n’irons plus au cinéma ou dans les parcs. C’est trop dangereux.» La jeune femme ajoute: «Mon fils de 17 ans, qui est né aux Etats-Unis et a la nationalité américaine, ne veut plus aller à l’école car il a peur que je me fasse expulser et pense que les autorités ne pourraient pas m’expulser s’il reste à mes côtés. Je lui ai dit que ça ne changerait rien.»

A une cinquantaine de kilomètres de la maison de Maria Romero, Cuban «Rusty» Monsees se félicite de la décision de Donald Trump. La maison de l’homme de 69 ans est voisine de l’un des tronçons du mur déjà construit à Brownsville. «C’est devenu complètement fou ici», glisse-t-il. «Le président devait faire quelque chose, car il y a tellement de monde qui entre illégalement dans notre pays.» Rusty raconte voir quotidiennement des clandestins traverser sa propriété et ne croit pas aux bienfaits d’un mur seul. «Nous avons besoin de plus de gardes-frontière», affirme-t-il. «Le mur doit aussi être humain sinon ça ne marchera pas.»

Pam Taylor, la voisine de Rusty, est du même avis. «L’immigration illégale est un fléau», assure la femme qui aperçoit le Mexique sur l’autre rive de la rivière bordant ses terres. «Mais nous avons besoin de plus de forces de l’ordre plutôt que d’un mur.» Pam Taylor espère néanmoins que les Américains donneront à Donald Trump du temps pour faire ses preuves.

Coût exorbitant

Le nouveau président des Etats-Unis avait promis pendant la campagne électorale que le Mexique paierait le mur, dont le coût est estimé 20 milliards de dollars. Le discours a évolué ces dernières semaines. Donald Trump affirme que les Etats-Unis paieront le mur et que le Mexique remboursera. «Il y aura un paiement», a-t-il affirmé hier à la chaîne ABC News. «Ce sera peut-être de manière compliquée.» Le gouvernement mexicain a assuré qu’il ne paierait pas. Luis Videgaray, le ministre mexicain des Affaires étrangères, est d’ailleurs arrivé mercredi à Washington pour préparer la rencontre prévue le 31 janvier à la Maison-Blanche entre Enrique Peña Nieto, le président de son pays, et Donald Trump.

(TDG)

Créé: 25.01.2017, 22h17

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