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Et si Trump disait «goodbye» à l’Accord de Paris sur le climat?

Le président laisse planer le suspense. Mais en réalité, il ne lui sera pas aisé de tourner la page sur ce traité.

Reuters

Faux départ? Le président Trump fait planer le suspense sur sa décision concernant l’Accord de Paris sur le climat. Selon les médias américains qui citaient mercredi matin des sources proches du chef de l’Etat, celui-ci aurait l’intention de dénoncer le traité promu et signé par son prédécesseur Barack Obama pour lutter contre le réchauffement climatique. Le président a néanmoins tweeté quelques heures plus tard qu’il rendrait son verdict dans «les jours qui viennent».

Pendant la campagne électorale de l’année dernière, Donald Trump n’avait cessé de dénoncer l’Accord, estimant qu’il désavantageait les Etats-Unis. Samedi, il s’était désolidarisé des leaders du G7 en refusant d’apporter son soutien au traité signé par 195 pays. «Si le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris devait être confirmé, ce serait décevant mais pas surprenant étant donné la volonté affichée par le président de retirer son pays de la communauté internationale», réagit Gary Yohe, un professeur d’économie et d’environnement à l’Université de Wesleyan, dans le Connecticut.

Le virage du président sera difficile

Ce membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat relativise néanmoins l’impact d’un potentiel retrait américain de l’Accord. «Les 194 autres signataires doivent comprendre que ce qui va se passer aux Etats-Unis les quatre prochaines années ne va pas faire beaucoup de différence», poursuit-il. «Le changement de politique climatique voulu par le président ne peut pas entrer en vigueur rapidement, car l’administration Trump va devoir passer beaucoup de temps devant les tribunaux à défendre son approche face aux plaintes.»

L’expert sur le climat souligne que la Cour suprême des Etats-Unis a par deux fois déterminé que les émissions de gaz carbonique étaient nocives et qu’il incombait au gouvernement de protéger les citoyens. Le premier verdict remonte à 2007 lorsque la Cour suprême avait déterminé que l’Agence de protection de l’environnement (EPA) devait réguler les gaz à effet de serre. En 2014, la Cour avait rejeté une démarche de l’Etat du Texas notamment qui visait à limiter la latitude de l’EPA à réguler les émissions de CO2.

Les Etats-Unis divisés, la Maison-Blanche aussi!

Les Etats comme la Californie et les grandes villes américaines jouent un rôle clé dans la lutte contre le réchauffement climatique et ont indiqué leur volonté de poursuivre leurs programmes de limitation des gaz à effet de serre. Idem pour de grandes compagnies comme Apple. ExxonMobil, géant pétrolier dirigé jusqu’à l’année dernière par Rex Tillerson, le nouveau secrétaire d’Etat, a dû se plier mercredi aux exigences d’une majorité de ses actionnaires en matière de réchauffement climatique et va devoir dévoiler l’impact de ses activités sur le climat.

L’administration Trump reste divisée sur l’Accord de Paris. D’un côté, Rex Tillerson tente de convaincre Donald Trump de ne pas y renoncer. De l’autre, Steve Bannon, le stratège du président, prône le retrait. Plusieurs élus républicains, dont le sénateur du Kentucky Rand Paul, affirment que l’Accord de Paris coûterait 6,5 millions d’emplois aux Etats-Unis d’ici à 2040 et tuerait la croissance. Des arguments que réfute le professeur Yohe. «Les émissions de CO2 ont baissé de 8% en Californie depuis 2008», explique-t-il. «Pendant cette période, son PIB a crû de près de 10%!»

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