Le divorce vire à l’aigre entre Londres et Bruxelles

NégociationsLe Royaume-Uni et l’Union européenne peinent à s’entendre sur leurs futures relations. Au risque d’un «Brexit sans accord»?

La dégradation de l’autorité de Theresa May au Royaume-Uni a fragilisé son image à l’étranger.

La dégradation de l’autorité de Theresa May au Royaume-Uni a fragilisé son image à l’étranger. Image: EPA

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Droit dans le mur? Entre Londres et Bruxelles, le cinquième tour des négociations sur la sortie du Royaume-Uni hors de l’Union européenne s’achève ce jeudi sur un constat plutôt inquiétant: la possibilité que les deux partenaires ne parviennent pas à s’entendre devient de plus en plus crédible. L’espoir d’un divorce à l’amiable s’évanouit. Or, sans accord, la circulation des biens et des personnes sera beaucoup plus compliquée et parfois même impossible.

«Si le résultat des négociations ne remplit pas les besoins du Royaume-Uni, nous serons prêts pour une alternative […] Les ministères travaillent en ce moment pour faire face à n’importe quelle conclusion», a ainsi prévenu David Davis, le ministre en charge de la sortie de l’UE, au cours du congrès du parti conservateur la semaine dernière. Cet engagement a été confirmé, depuis lors, par la première ministre Theresa May.

Trop optimistes?

Ces propos rappellent le fameux «pas d’accord serait mieux qu’un mauvais accord», lancé par la cheffe du gouvernement britannique lors de son premier grand discours sur le Brexit le 18 janvier. Sa déclaration avait été applaudie par Alexander Downer, diplomate australien qui détient le record de longévité à la tête du Ministère des affaires étrangères (de 1996 à 2007). Il avait estimé que cette position est «la meilleure possible lorsqu’on commence des négociations car elle permet de ne pas être sous pression et de prendre la main».

Il avait même déjà prévenu ses cousins britanniques de la difficulté à s’entendre avec Bruxelles. «Je vous trouve très optimistes sur le fait que les Européens verraient la lumière, c’est-à-dire qu’ils finiraient par comprendre qu’un accord commercial est dans l’intérêt de tout le monde. Pour eux, l’UE est plus un projet politique qu’un projet commercial. Votre gouvernement ferait donc bien d’étudier la possibilité d’un non-accord car ce pourrait vraiment être le résultat des négociations.»

"Nous négocions de bonne foi"

Le déroulement chaotique des discussions bruxelloises et la dégradation de l’autorité de Theresa May au Royaume-Uni, qui a fragilisé son image à l’étranger, ont visiblement poussé les dirigeants britanniques à revenir à leur tactique initiale. Ce tournant inquiète Bruxelles. Donald Tusk, le président du Conseil européen, a ainsi fait savoir mardi que «l’UE ne travaille pas sur un tel scénario. Nous négocions de bonne foi.» Avant d’ajouter: «Si les discussions se poursuivent toujours aussi lentement et que des progrès suffisants ne sont pas réalisés, alors, avec nos amis britanniques, nous devrons réfléchir à la direction que nous prenons.»

(TDG)

Créé: 11.10.2017, 21h43

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