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La digue entre droite et extrême droite se fissure

Dans des Etats de l'ex-RDA, des responsables de la CDU n'excluent plus des alliances avec le parti anti-migrants Alternative pour l'Allemagne (AfD).

Le vice-président de l'AfD, Georg Pazderski, s'est félicité que «le front uni (contre son mouvement) commence à s'effriter».
Le vice-président de l'AfD, Georg Pazderski, s'est félicité que «le front uni (contre son mouvement) commence à s'effriter».
Keystone

Jusqu'ici taboue en Allemagne, l'idée d'une alliance politique entre le parti conservateur d'Angela Merkel, en difficulté, et l'extrême droite en plein essor, commence à faire débat et sème la zizanie.

La direction du mouvement démocrate-chrétien (CDU) de la chancelière rejette aujourd'hui catégoriquement cette option, surtout depuis le meurtre au début du mois d'un de ses élus locaux pro-migrants, pour lequel un militant néonazi est soupçonné.

Mais le débat émergent, impensable il y a encore quelques années, est bien réel. Il est alimenté par trois élections régionales clés à partir de septembre dans l'Est du pays, où le parti anti-migrants et de droite ultra Alternative pour l'Allemagne (AfD) pourrait, selon les sondages, arriver en tête et compliquer fortement la formation de coalitions locales de gouvernement.

Les mêmes objectifs

«Nous ne devrions pas exclure la possibilité d'une coalition» avec l'AfD: les propos d'un responsable CDU dans l'un des Etats de l'ex-RDA, la Saxe-Anhalt, ont fait cette semaine l'effet d'une petite bombe.

«Ce n'est pas possible maintenant, mais nous ne savons pas ce que sera la situation dans deux ou cinq ans», a ajouté Ulrich Thomas dans le journal «Mitteldeutsche Zeitung». Un autre dirigeant de la CDU en Saxe-Anhalt, Lars-Jörn Zimmer, a lui souligné que les électeurs de sa formation et ceux de l'AfD avaient les mêmes objectifs et contribuaient à une «majorité conservatrice» en Allemagne.

Peu avant, c'est l'ancien chef du Renseignement intérieur, Hans-Georg Maassen, membre de l'aile la plus à droite de la CDU, qui n'a pas exclu une alliance au niveau national. «On ne sait jamais», a-t-il dit.

Cet appel du pied a été repris le vice-président de l'AfD, Georg Pazderski, qui s'est félicité dimanche que «le front uni (contre son mouvement) commence à s'effriter». «En particulier, la base de la CDU, qui a été massivement déçue par ses propres dirigeants, ne peut pas s'entendre dire que le parti devrait être plus proche de la gauche que de l'AfD», a-t-il déclaré au journal «Die Welt».

Une allusion à la réorientation au centre sous l'ère Angela Merkel depuis 2005 du parti conservateur, qui gouverne avec les sociaux-démocrates. Et au fait qu'aujourd'hui en cas d'élections, c'est cette fois avec les écologistes, en pleine progression, que le centre-droit serait en mesure de former une coalition de gouvernement au plan national.

CDU sous pression

Le mouvement de la chancelière est sous pression: après une victoire décevante aux législatives de 2017, le parti continue de s'effriter dans les sondages. Une enquête pour la chaîne RTL publiée ce week-end ne le place qu'en deuxième position à 24% d'intentions de vote derrière les Verts qui culminent à 27% et devant l'extrême droite à 13%.

Et la rentrée s'annonce très turbulente avec les élections régionales à partir de septembre dans le Brandebourg, en Thuringe et en Saxe, tous des bastions de l'AfD dans l'ex-RDA. Ce parti pourrait même y devenir la première force politique.

Mais pour les Verts pas question d'envisager de gouverner au plan national avec la CDU si ce parti s'allie au niveau local avec l'extrême droite. «Ce serait une brèche dans le barrage démocratique et cela augmenterait soudainement la distance qui nous sépare» de la CDU, a prévenu vendredi l'un de ses dirigeants, Michael Kellner.

Ce débat naissant, qui devrait aller crescendo dans les mois à venir, constitue une difficulté supplémentaire à gérer pour le parti de Mme Merkel. Sa présidente, Annegret Kramp-Karrenbauer, surnommée «AKK» et dauphine supposée de la chancelière, est déjà de plus en plus contestée en interne suite à un lourd revers électoral aux élections européennes.

Elle est aussi critiquée pour avoir mal géré une polémique avec des Youtubeurs sur le climat et donné l'image d'un parti déconnecté des préoccupations des jeunes électeurs. Sur ce sujet, Angela Merkel a même cette semaine donné le sentiment de lâcher AKK en reprochant à son parti d'être trop sur «la défensive» et pas assez «ouvert».

(AFP)

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