Le dialogue reprend au Nicaragua

Amérique latineOpposition et gouvernement ont retrouvé jeudi la table des négociations après la promesse de libération de tous les opposants.

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Le gouvernement nicaraguayen et l'opposition ont retrouvé jeudi la table des négociations pour tenter de sortir le pays de la crise politique, après l'engagement du président Daniel Ortega de libérer tous les opposants incarcérés. Plusieurs centaines d'entre eux ont été emprisonnés.

Les pourparlers, relancés le 27 avril après plusieurs mois d'interruption, étaient dans l'impasse depuis lundi. L'opposition a suspendu sa participation pour protester contre la violente répression menée samedi contre des manifestants, qui réclamaient la libération de tous les «prisonniers politiques».

Elle considérait par ailleurs la libération conditionnelle de 150 opposants depuis la reprise du dialogue comme «insuffisante». Mercredi, le gouvernement a finalement cédé aux exigences de l'opposition, annonçant qu'il procéderait sous trois mois à la libération de tous les opposants détenus depuis avril 2018, date des premières manifestations antigouvernementales, sans toutefois en préciser le nombre.

Liste noire

Selon une liste établie par la commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH), un organe autonome de l'Organisation des Etats américains (OEA), 647 opposants sont emprisonnés au Nicaragua depuis cette date. Le gouvernement évoque 350 prisonniers, tandis qu'un comité de familles de détenus avance le chiffre de 807.

C'est une «grande avancée», s'est néanmoins félicité jeudi, à la reprise des pourparlers, Max Jérez, membre de la délégation de l'opposition et représentant des étudiants. La secrétaire d'État américaine adjointe aux affaires de l'hémisphère occidental, Kimberly Breir, a dit sur Twitter espérer une «action immédiate» du gouvernement pour l'application de l'accord conclu mercredi.

Parallèlement, la CIDH a ajouté le Nicaragua à sa liste noire des pays ayant failli au respect des droits fondamentaux dans son rapport annuel présenté jeudi. «La réponse étatique répressive» aux manifestations depuis 2018 a été «massive, systématique et grave», indique la CIDH, qui évoque «un usage excessif et arbitraire de la force policière, l'utilisation de groupes parapoliciers ou de gros bras avec l'approbation des autorités étatiques». Elle dénonce aussi des détentions arbitraires de jeunes manifestants, de la censure et des menaces contre des meneurs de mouvements sociaux. (afp/nxp)

Créé: 22.03.2019, 00h59

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