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«Les défenseurs du droit à la terre gênent des intérêts financiers»

Coauteur du rapport publié ce mardi par l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme, Alexandra Poméon O' Neill parle des victimes de l'accaparement de terres qui s'est accéléré depuis 2007.

Vous écrivez dans votre rapport que les activistes du droit à la terre sont les plus réprimés parmi les défenseurs des droits de l'homme. Comment pouvez-vous l'affirmer?

Notre observatoire travaille sur toutes les catégories de défenseurs des droits de l'homme. Et nous observons depuis 2007 que ce sont ces activistes défendant leur terre qui sont les plus nombreux à être victimes d'assassinats ou d'exécution extra-judiciaires (le rapport fait état de 43 cas entre 2011 et 2014). Ils sont éliminés parce que leur travail gêne des intérêts financiers puissants, qu'il soient privés ou étatiques, dans des régions isolées. Loin des villes, ces gens n'ont pas forcément accès à la justice, à la police, aux ONG et aux diplomates. Membres de minorités ethniques pauvres, leur cause est peu médiatisée. C'est cependant en train de changer dans certains pays comme la Colombie, où des envoyés de l'Union européenne dans chacune des régions concernées assistent au procès instruits contre ces activistes.

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