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Le Danemark durcit les peines contre les SDF

Le premier procès d’un sans-abri faisant la manche s’est tenu jeudi à Glostrup, près de Copenhague. Il risque 14 jours de prison.

Getty Images

L’homme tendait un gobelet en plastique aux passants devant une boutique de fleurs à Glostrup, dans la banlieue de Copenhague. Le fleuriste, agacé par ce mendiant insistant, a fini par appeler la police.Arrêté, ce SDF suédois d’origine polonaise de 49 ans comparaissait jeudi au tribunal de la ville pour délit de mendicité. Après quelques minutes d’audience, la présidente demandait une expertise psychiatre et renvoyait le procès. Cet homme est le premier mendiant à tomber sous le coup d’une loi expresse adoptée mi-juin par une large majorité au parlement danois. Elle condamne la mendicité dans les gares, les rues piétonnes et devant les magasins, à 14 jours de prison ferme, sans avertissement préalable. Auparavant, la peine était de sept jours avec sursis après des mises en garde. Dimanche, deux autres mendiants étaient arrêtés et convoqués au tribunal.

Le Danemark est le seul pays nordique à être allé aussi loin dans la lutte contre mendicité, «qui crée de l’insécurité et n’appartient en aucun cas à notre société», selon le premier ministre libéral Lars Loekke Rasmussen. Ce sont 300 à 1000 mendiants d’Europe centrale, venus notamment de Roumanie, qui se rendraient dans le royaume en été, selon les estimations de la police. Alarmé par cette présence qui nuit à l’image idyllique de sa ville, le maire social-démocrate de Copenhague, Frank Jensen, avait lancé un SOS au printemps: «Les problèmes des SDF sont énormes. Il faut agir, maintenant!» L’un des porte-parole du Parti libéral au pouvoir, Marcus Knuth, se lâchait, lui, dans une chronique, sur «l’action contre le fléau des Roms qui attaque Copenhague chaque été et des solutions pour ces Tziganes qui nous exploitent, nous harcèlent et salissent nos rues avec leurs déchets et excréments». Défendant ce tour de vis, le député libéral Jan Joergensen rappelait que «la mendicité est interdite depuis longtemps au Danemark, où l’Etat-providence vient en aide aux plus démunis».

«Nous ne pouvons accepter que des gens s’assoient dans un bus à des milliers de kilomètres du Danemark pour venir chez nous vivre de la mendicité», dit-il. D’autant que «les mendiants d’Europe centrale gagnent beaucoup d’argent et que la mendicité est souvent organisée par des réseaux mafieux». Selon lui, «c’est un problème européen que l’UE doit résoudre. La libre circulation des personnes en Europe ne signifie pas exporter la pauvreté de certains Etats vers d’autres.»

Seuls l’extrême gauche et les radicaux se sont insurgés contre cette loi «disproportionnée qui touche aussi les SDF danois». Porte-parole de La Liste de l’Unité (ex-communistes), Rune Lund juge «grotesque qu’on punisse la mendicité au même titre que certaines formes de violence». Et son homologue du Parti radical Zenia Stampe estime que «cela n’aide en rien d’envoyer en prison les Roms, qui viennent au Danemark chercher une vie meilleure».

Slim Allagui, Copenhague

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